Volkswagen vient d'obtenir le feu vert pour devenir une entreprise beaucoup plus légère. Le conseil de surveillance du constructeur automobile a approuvé à l'unanimité le « Plan Avenir 2030 » du PDG Oliver Blume le 3 septembre, autorisant environ 50 000 suppressions d'emplois supplémentaires et une simplification drastique de l'empire industriel allemand.
Le vote a été unanime, ce qui, dans le contexte de la gouvernance d'entreprise allemande, où les représentants du personnel détiennent la moitié des sièges du conseil de surveillance, est véritablement remarquable. Même la Basse-Saxe, l'État allemand qui détient une participation majeure dans VW et a historiquement lutté contre les réductions d'effectifs, a approuvé.
Les mathématiques derrière les coupes
Ces 50 000 positions ne représentent pas l’ensemble de la histoire. Elles constituent la deuxième vague. Combinées aux réductions précédemment annoncées, Volkswagen vise désormais l’élimination d’environ 100 000 postes d’ici la fin de la décennie.
La main-d'œuvre actuelle de VW se situe entre 652 000 et 660 000 employés dans le monde entier. Supprimer 100 000 postes signifie qu'environ un travailleur sur six ou sept perdra éventuellement sa position.
La restructuration va bien au-delà du nombre d'employés. VW prévoit de réduire son portefeuille de modèles d'environ 50 % et de diminuer ce qu'il appelle la « complexité de l'offre » d'environ 75 %, deux objectifs fixés pour 2035.
Quatre usines allemandes présentent une surcapacité dépassant 500 000 véhicules par an, avec des installations à Emden et Zwickau spécifiquement identifiées. Le plan n'exige pas de fermetures immédiates d'usines, mais des alternatives pour ces sites sont actuellement examinées.
Où va l'argent
Volkswagen associe ces mesures d'austérité à un engagement d'investissement considérable : 13,5 milliards d'euros dédiés aux dépenses en capital et à la recherche et au développement de 2027 à 2031.
Les objectifs financiers sont ambitieux mais précis. Blume vise une marge opérationnelle de 9 % d'ici 2030, avec des ventes annuelles prévues de véhicules d'environ 9 millions d'unités. Si tout se déroule selon le plan, VW s'attend à générer un résultat opérationnel d'environ 31 milliards d'euros.
Pourquoi le conseil a dit oui
L'approbation unanime reflète un consensus qui s'est construit depuis des années : la structure actuelle de Volkswagen est insoutenable. L'entreprise fait face à la transition coûteuse vers les véhicules électriques, à une concurrence accrue de la part de fabricants chinois comme BYD, et à un marché automobile européen qui peine à retrouver son élan d'avant la pandémie. Les coûts de production de VW sont estimés à 20 à 30 % supérieurs à ceux de ses concurrents, entraînant une surcapacité persistante et des marges bénéficiaires en baisse.
La paix sociale intégrée à cet accord ne doit pas être sous-estimée. Les lois allemandes sur la co-détermination accordent aux travailleurs un pouvoir significatif pour bloquer ou retarder les plans de restructuration. Le fait que le comité d'entreprise de VW et IG Metall aient trouvé des termes qu'ils pouvaient accepter suggère que les négociations ont impliqué des protections significatives pour les employés restants.
Les investisseurs ont clairement apprécié ce qu'ils ont vu. Les actions de VW ont augmenté d'environ 6 à 7 % après l'annonce.
