Le Vatican vient de publier son document technologique le plus important en décennies. Le pape Léon XIV, le premier pape né aux États-Unis, a dévoilé son encyclique inaugurale le 25 mai, un cadre moral vaste pour l'intelligence artificielle qui avertit que cette technologie pourrait éroder la dignité humaine et créer de modernes formes d'asservissement.
Le document, intitulé Magnifica Humanitas: Sur la protection de la personne humaine à l'ère de l'intelligence artificielle, appelle à une coopération réglementaire internationale et positionne l'Église catholique comme une boussole morale pour un monde qui s'empresse de déployer des systèmes d'IA plus vite que quiconque ne peut en évaluer les conséquences.
Ce que dit l'encyclique, et qui est présent
Signé le 15 mai et officiellement présenté dix jours plus tard, Magnifica Humanitas encadre l'intelligence artificielle à travers le prisme de la doctrine sociale catholique. Son argument central : l'intelligence artificielle, laissée sans contrôle, risque de devenir un outil d'exploitation plutôt que de libération.
L'encyclique met en garde spécifiquement contre la capacité de l'IA à répandre la désinformation et à favoriser ce que le pape appelle « de nouvelles formes d'esclavage ». Le pape Léon XIV a appelé à une réglementation globale et à des protections conçues pour garantir que le développement de l'IA serve le bien commun. Le document s'oppose à un déploiement de l'IA uniquement orienté vers le profit ou à des fins militaires.
L'événement de lancement du Vatican a présenté Christopher Olah, cofondateur d'Anthropic, le laboratoire de sécurité de l'IA à l'origine de la famille de modèles Claude. La présence d'Olah représente un pont inhabituel entre l'une des plus anciennes institutions du monde et l'une de ses plus nouvelles entreprises technologiques, toutes deux revendiquant d'être centrées sur la sécurité et le bien-être humain.
Échos historiques et timing délibéré
Magnifica Humanitas a été présentée exactement 135 ans après que le pape Léon XIII ait publié Rerum Novarum, l'encyclique historique de 1891 qui abordait les droits des travailleurs pendant la Révolution industrielle. Ce document a transformé l'engagement de l'Église catholique en matière de systèmes économiques et a posé les fondements de l'enseignement social catholique moderne sur le travail, le capital et la dignité humaine.
Où Rerum Novarum affrontait les coûts humains de l'industrialisation, Magnifica Humanitas aborde les coûts humains de l'automatisation et de la prise de décision algorithmique.
Ce que cela signifie pour les cryptomonnaies et les actifs numériques
L'encyclique ne contient aucune référence aux cryptomonnaies, à la technologie blockchain ou à tout type d'actifs numériques. Lorsque l'une des autorités morales les plus influentes au monde rédige un document complet sur les risques que la technologie fait peser sur la dignité humaine sans mentionner la crypto, cela indique où les actifs numériques se situent dans la hiérarchie des préoccupations institutionnelles. Le Vatican considère clairement l'IA comme le défi technologique déterminant de cette ère, et non la finance décentralisée.
L'appel de l'encyclique à une réglementation globale des technologies pourrait accélérer un élan réglementaire plus large à l'échelle mondiale. Les cadres réglementaires conçus pour l'IA s'étendent souvent pour couvrir des technologies adjacentes, y compris les actifs numériques.
