Le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent pousse pour une approche coordonnée avec l'UE, le Canada et d'autres alliés du G7 afin de faire face au surplus commercial massif de la Chine, ce qui signale que Washington considère les tarifs bilatéraux seuls comme insuffisants pour redéfinir les dynamiques du commerce mondial.
Les chiffres derrière la poussée
Le surplus commercial des biens de la Chine a atteint un record de 1,2 billion de dollars en 2025, un chiffre que Bessent a à plusieurs reprises qualifié de non durable. Pour y voir plus clair, cela équivaut à peu près au PIB entier du Mexique, généré uniquement par l’écart entre ce que la Chine vend au monde et ce qu’elle achète en retour.
Les tarifs douaniers américains mis en œuvre après le retour de Trump au pouvoir en 2025 ont eu un impact sur le bilan bilatéral. Le déficit commercial entre les États-Unis et la Chine est tombé à 73,9 milliards de dollars au premier semestre 2026, soit environ un tiers de moins que la même période de l’année précédente.
Mais Bessent a été franc sur un effet secondaire frustrant : les exportations chinoises ne disparaissent pas. Elles sont redirigées vers d'autres marchés, inondant les alliés des mêmes produits que les tarifs américains étaient censés réduire.
Bâtir la coalition, un sommet à la fois
Dès janvier 2026, les discussions du G7 se sont concentrées sur les chaînes d'approvisionnement en minéraux critiques, avec un accent particulier sur la réduction de la position dominante de la Chine dans les terres rares. Ces échanges ont été élargis pour inclure l'Australie et l'Inde, deux pays disposant de réserves minérales importantes pouvant servir de fournisseurs alternatifs.
D'ici mai 2026, les dirigeants du G7 utilisaient les données du FMI pour quantifier l'impact des pratiques d'exportation de la Chine sur le commerce mondial. Le message était cohérent : les politiques non marchandes de la Chine, notamment les subventions d'État et la fixation des prix en dessous du coût, faussaient la concurrence d'une manière qui nuisait aux fabricants dans les économies développées.
Les réunions des ministres des Finances du G20 de septembre 2026 à Asheville, en Caroline du Nord, ont constitué la tentative la plus ambitieuse jusqu'à présent de formaliser ce consensus. Dix-neuf membres du G20 ont soutenu un langage appelant à l'élimination des politiques non marchandes qui contribuent aux déséquilibres commerciaux.
La Chine s'est opposée. Pékin a bloqué certains passages de la déclaration du président, empêchant la publication d'une déclaration commune complète.
La dimension des minéraux critiques
La Chine domine actuellement le traitement mondial des éléments de terres rares, contrôlant une part de la chaîne d'approvisionnement qui confère à Pékin un effet de levier significatif sur des industries bien au-delà de la fabrication traditionnelle. La coordination du G7 sur la diversification des minéraux représente une tentative de construire des chaînes d'approvisionnement alternatives réduisant cette dépendance. Les réserves abondantes de lithium en Australie, les gisements de terres rares en Inde et le secteur minier du Canada sont tous des bénéficiaires potentiels d'un effort délibéré pour redistribuer les sources d'approvisionnement hors de Chine.
Ce que cela signifie pour les marchés et la politique commerciale
La réduction du déficit bilatéral de 73,9 milliards de dollars montre que les tarifs fonctionnent sur une base bilatérale. Le surplus mondial de 1,2 billion de dollars indique que les actions bilatérales seules ne suffisent pas. Si les pays du G7 agissent de concert pour imposer des barrières commerciales ou des droits compensateurs sur les produits chinois, la dynamique des prix, de l'acier aux panneaux solaires, pourrait changer de manière significative. Sans cette coordination, les avertissements de Bessent lui-même suggèrent que les exportations chinoises continueront de trouver de nouveaux marchés alors que les portes existantes se ferment.
