La Cour suprême des États-Unis vient d'accorder deux victoires majeures aux régulateurs fédéraux le même jour. Le 4 juin, la Cour a confirmé à la fois le pouvoir de la FCC d'imposer des sanctions de confiscation civile et la capacité de la SEC à récupérer les bénéfices des auteurs d'infractions, même sans prouver que les investisseurs ont effectivement subi une perte.
Ce que la cour a réellement décidé
Le premier cas, FCC v. AT&T, Inc. (n° 25-406), a été tranché 8 contre 1. Au cœur de l'affaire, AT&T a soutenu que le processus en deux étapes de la FCC pour imposer des sanctions de confiscation civile, selon lequel l'agence détermine d'abord une violation sur le plan administratif, puis fait appliquer la sanction par le biais d'un tribunal fédéral, enfreint le droit à un procès devant un jury garanti par le Septième amendement.
La cour a divergé. La majorité a estimé que, puisque l'application judiciaire reste disponible dans les tribunaux fédéraux lorsque nécessaire, le mécanisme satisfait aux exigences constitutionnelles.
Le jugement a également résolu une divergence entre les cours d'appel qui créait un chaos réglementaire. La cour d'appel du Cinquième Circuit avait soutenu les opérateurs contestant l'autorité de la FCC, tandis que les Second et D.C. Circuits l'avaient confirmée. Ce désaccord, impliquant de grands opérateurs comme AT&T et Verizon, est désormais résolu.
Le deuxième cas, Sripetch c. SEC (n° 25-466), a été unanime à 9-0. Le juge Neil Gorsuch a rédigé l'avis, qui confirme le pouvoir de la SEC de demander la restitution des bénéfices illicites sans avoir à démontrer que des investisseurs spécifiques ont subi des pertes financières réelles.
Gorsuch a fondé sa décision sur des principes équitables traditionnels. L'idée est simple : si quelqu'un triche, on lui retire ses gains nets. Il n'est pas nécessaire de prouver au préalable que le compte bancaire d'une victime spécifique a diminué d'un montant précis en dollars.
Pourquoi cela est important au-delà des télécommunications et des titres traditionnels
Ces décisions interviennent dans le sillage de l'arrêt de 2024 SEC v. Jarkesy, qui avait imposé des restrictions significatives à la capacité de la SEC d'utiliser des juges administratifs internes pour certaines affaires de sanctions civiles. Les décisions du 4 juin contrebalancent efficacement Jarkesy. Bien que la SEC reste soumise à des limites sur l'adjudication interne pour certains types de sanctions, ses pouvoirs de restitution sont désormais sur une base juridique plus solide. L'arrêt Sripetch s'appuie sur le cadre établi dans Liu v. SEC (2020), qui avait confirmé pour la première fois la restitution comme un recours équitable légitime, tout en la limitant aux bénéfices nets.
Pour la FCC, la résolution de la divergence entre les cours signifie que les entreprises de télécommunications opérant au niveau national ne peuvent plus chercher des tribunaux plus favorables pour contester les sanctions. L'autorité de l'agence en matière de pénalités s'applique désormais uniformément dans tout le pays.
Ces décisions font suite à l'annulation de la déférence Chevron en 2024. La Cour suprême affirme que, bien que les agences puissent faire face à de nouvelles contraintes procédurales, leurs pouvoirs fondamentaux d'application restent intacts.
Ce que cela signifie pour les investisseurs et les participants au marché
La SEC a poursuivi avec agressivité la restitution dans les affaires impliquant des entreprises de biens numériques, et l'arrêt Sripetch élimine une défense juridique clé disponible pour les cibles de ces actions. Auparavant, une entreprise ou un individu faisant face à une action de la SEC pouvait arguer que, si aucun investisseur n'avait perdu d'argent de manière démontrable, par exemple grâce à une reprise du prix du jeton après une violation présumée, la restitution était inappropriée.
Cet argument est désormais mort au niveau de la Cour suprême.
La décision de la FCC a ses propres implications pour le secteur technologique et des communications dans son ensemble. Les entreprises qui pourraient avoir été enclines à contester les sanctions de l'agence par des litiges agressifs font désormais face à un précédent de la Cour suprême qui endosse explicitement le cadre de mise en œuvre existant.
