Le gouvernement américain souhaite détenir une part de OpenAI. Et pas au sens de la régulation, de la lutte contre les pratiques anticoncurrentielles ou d’une simple mise en garde. Nous parlons d’une véritable participation financière, celle où oncle Sam apparaît sur le tableau des actionnaires.
Des discussions entre OpenAI et la Maison-Blanche sont en cours depuis début 2025, et les conversations ont progressé au point que le président Trump a abordé publiquement l'idée le 5 juin 2026, lors d'un vol à bord d'Air Force One. Le concept : que le public américain devienne actionnaire de l'entreprise développant certaines des technologies les plus importantes du siècle.
Qu'est-ce qui est réellement sur la table
Trump a indiqué lors de ses remarques à bord d'Air Force One que des discussions envisagent non seulement OpenAI, mais potentiellement d'autres entreprises d'IA de premier plan. L'administration semble intéressée par un investissement direct dans les secteurs qu'elle considère comme essentiels pour l'économie.
OpenAI est actuellement évaluée à plus de 850 milliards de dollars et préparerait un IPO. Les détails, notamment la taille de la participation que le gouvernement pourrait acquérir et la date de clôture éventuelle de l'accord, restent incertains.
Cette initiative s'inscrit dans une vision politique plus large que OpenAI a elle-même contribué à concevoir. En avril 2026, l'entreprise a publié une proposition de Fonds de richesse publique, soit un mécanisme visant à redistribuer les bénéfices issus de la croissance économique générée par l'IA aux citoyens ordinaires. La participation du gouvernement en capital serait un de ces mécanismes.
Pourquoi cela compte au-delà du titre
La comparaison avec les fonds souverains de pays comme la Norvège est éclairante. Le Fonds de pension du gouvernement norvégien investit les revenus issus de l'extraction pétrolière au profit des citoyens actuels et futurs. La proposition de Fonds de richesse publique traite l'IA comme le pétrole américain : une ressource naturelle (d'une certaine manière) dont les bénéfices devraient profiter au public plutôt que de se concentrer entièrement entre les mains des fondateurs, des fonds de capital-risque et des premiers employés.
Ce que cela signifie pour les investisseurs
L'IPO attendue d'OpenAI ajoute une autre couche de complexité. Si le gouvernement obtient une participation actionnariale avant la sortie en bourse de l'entreprise, cela pourrait influencer à la fois le prix et l'allocation de manières auxquelles les investisseurs traditionnels en IPO ne sont pas habitués à faire face.
Les négociations entre OpenAI et la Maison-Blanche restent fluides, et le cadre réglementaire plus large autour de l’IA demeure en évolution. Les investisseurs doivent surveiller des termes concrets, et non seulement des cadres conceptuels, avant d’ajuster leurs positions en fonction de ce qui reste, pour l’instant, une conversation menée à 30 000 pieds.
