Les entreprises américaines inondent les marchés obligataires européens à un rythme jamais vu auparavant, poussées par un besoin insatiable de financer l'infrastructure IA que leurs propres bilans ne peuvent plus entièrement soutenir.
Les chiffres sont impressionnants. Les entreprises américaines non financières ont vendu plus de 60 milliards d'euros d'obligations libellées en euros uniquement en 2026, établissant un nouveau record. Morgan Stanley estime que les hyperscalers pourraient émettre jusqu'à 50 milliards d'euros supplémentaires avant la fin de l'année.
Le 9 septembre a été le point de rupture
Le 9 septembre 2026, le nombre le plus élevé d'émetteurs d'obligations américaines a atteint les marchés européens en une seule journée, selon les données de Bloomberg. Amazon a lancé pour la première fois des obligations en livres sterling. Uber a fait sa première apparition en euros.
En mars, Amazon a lancé un emprunt obligataire euro en huit tranches de 14,5 milliards d'euros, la plus grande offre d'obligations corporatives en euros jamais enregistrée.
Cinq grands hyperscalers, Alphabet, Amazon, Meta, Microsoft et Oracle, détiennent désormais environ 40 milliards d’euros d’obligations libellées en euros. Ce montant représente près de 10 % de toutes les émissions corporatives non financières en euros récentes.
Les dépenses en IA sont le moteur derrière la vague d'emprunts
Les dépenses d'investissement liées à l'intelligence artificielle sont estimées entre 650 milliards et 725 milliards de dollars pour 2026. D'ici 2028, les dépenses totales devraient dépasser 1 billion de dollars.
La Banque centrale européenne a signalé des préoccupations selon lesquelles la vague d'émissions corporatives américaines pourrait exclure les emprunteurs européens et potentiellement faire augmenter les rendements sur l'ensemble du marché obligataire corporatif européen.
