L'organisme directeur du football européen vient de déclencher l'option nucléaire. L'UEFA menace de boycotter la Coupe du Monde si la FIFA poursuit son projet de créer une filiale commerciale appelée FIFA Forward Enterprise, une mesure qui redéfinirait fondamentalement la gestion des fonds du sport le plus regardé au monde.
Le litige porte sur l'ambition de la FIFA de créer une nouvelle entité évaluée à 20 milliards de dollars, avec un objectif de financement jusqu'à 4,2 milliards de dollars auprès d'investisseurs en capital-investissement. L'UEFA, qui représente le marché le plus lucratif du sport, affirme qu'elle n'a même pas été correctement consultée.
Une prise de pouvoir commerciale déguisée en innovation
La FIFA a annoncé les projets de la FFE vers le 28 juillet, déclenchant une réaction immédiate de l'UEFA et d'autres confédérations. L'UEFA a convoqué une réunion virtuelle d'urgence du 28 au 30 juillet pour coordonner son opposition.
Plusieurs confédérations de football ont déclaré avoir appris les projets via des rapports médiatiques, et non directement de la FIFA.
Le président de l'UEFA, Aleksander Ceferin, a boycotté la finale de la Coupe du monde 2026 le 20 juillet, un geste dramatique qui semble désormais être le premier coup plutôt qu'une protestation isolée.
La FIFA aurait lié une prime de 20 millions de dollars aux fédérations membres en fonction de leur vote sur les nouveaux plans commerciaux.
La FIFA prévoit de demander l'approbation de ses 211 associations membres en septembre.
Pourquoi les fonds de capital-investissement s'intéressent au football
Le plan FFE ciblerait selon les rapports les investissements de sociétés de capital-investissement, notamment Thrive Eternal. La logique est simple : le football mondial génère des revenus énormes, mais a historiquement fonctionné selon une structure à but non lucratif. Le capital privé voit une opportunité de professionnaliser et de développer ce moteur de revenus.
Ce que cela signifie pour les investisseurs et les marchés
Une Coupe du Monde sans équipes européennes détruirait l’économie du tournoi. Les contrats de diffusion, les accords de sponsoring et les revenus de la merchandising dépendent tous de l’hypothèse selon laquelle les meilleurs joueurs du monde et les équipes les plus populaires participeront. Les associations membres de l’UEFA incluent des puissances du football comme l’Angleterre, la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie.
Pour les sociétés de capital-investissement intéressées par ce tour de financement de 4,2 milliards de dollars, cette incertitude constitue un facteur de risque sérieux. L'ensemble du modèle d'évaluation dépend de la capacité de la FIFA à organiser des événements mondiaux premium, et cette capacité est désormais remise en question.
