UBS estime que le marché se trompe sur la Fed. Les analystes de la banque affirment que les prix des futures et les attentes générales du marché reflètent une Réserve fédérale plus hawkish que ce que les données ne soutiennent réellement, et ils s'attendent à ce que le relâchement reprenne avec une baisse de 25 points de base des taux en décembre.
Le cas de la mauvaise évaluation
Voici l’argument principal : UBS observe une détérioration des données économiques américaines que le marché n’a pas encore pleinement intégrée. La banque attribue une probabilité de 84 % à une baisse de 25 points de base en décembre 2025, ce qui reflète une confiance bien plus forte que celle que l’on attendrait d’une entreprise de cette taille.
La banque ne se contente pas d’une seule réduction non plus. UBS prévoit deux réductions supplémentaires d’ici la fin du T1 2026, dessinant un tableau d’une Fed qui passe progressivement d’un hawks sur l’inflation à un gardien de la croissance. Cela représente un total de trois réductions dans une fenêtre relativement courte, suffisant pour redéfinir significativement la courbe des taux et réécrire le manuel des actifs sensibles aux taux.
Ce que les chiffres disent sur la croissance
UBS prévoit une croissance des bénéfices du S&P 500 d'environ 11 % en 2025 et 10 % en 2026. Ces chiffres sont solides selon toute norme historique, suggérant que, même si l'économie ralentit suffisamment pour justifier des baisses de taux, les entreprises américaines continuent d'engranger une croissance des bénéfices.
Il convient de noter que UBS a ajusté ses propres échéances. Certains de ses modèles de prévision indiquent la possibilité que la première baisse soit reportée jusqu’en décembre 2026, en raison de pressions inflationnistes persistantes et d’un marché du travail qui refuse de s’assouplir de manière significative.
Ce que cela signifie pour les investisseurs
Si le scénario de base de UBS se réalise, les implications se répercutent sur presque toutes les classes d’actifs. Des taux plus bas sont globalement favorables aux actions, en particulier aux actions de croissance et aux secteurs comme la technologie et l’immobilier, les plus sensibles aux coûts d’emprunt. Les prix des obligations bénéficieront à mesure que les rendements diminueront, récompensant les investisseurs qui se sont positionnés tôt sur des actifs à revenu fixe de durée plus longue.
UBS met également en avant l'or comme bénéficiaire de leur perspective. Des taux plus bas réduisent le coût d'opportunité de détenir un actif non productif, et l'or a historiquement bien performé pendant les cycles de relâchement. Pour les constructeurs de portefeuilles, la vision d'UBS prône essentiellement une orientation risque-accepté avec une couverture défensive dans les métaux précieux.
Il y a aussi la question de la part potentielle de réduction déjà intégrée dans les prix des actifs. Les investisseurs doivent surveiller attentivement la tarification des futures sur les taux des fonds fédéraux au cours des prochaines semaines, car l’écart entre la prévision de UBS et les attentes du marché est là où réside véritablement l’opportunité ou le piège.
