Le président Donald Trump a signé un décret exécutif le 2 juin intitulé « Promouvoir l'innovation et la sécurité avancées en intelligence artificielle », établissant un cadre pour des tests de sécurité volontaires préalables à la mise en circulation de modèles d'IA avancés. Le mot clé ici est « volontaire ».
L'ordre invite les agences fédérales, notamment le Trésor, la Défense, le Commerce et la Sécurité intérieure, à collaborer avec les principaux développeurs d'IA pour établir des accords en vue de tests de cybersécurité avant le déploiement des modèles. La fenêtre d'examen est limitée à 30 jours avant le déploiement public.
Une version plus douce d'un plan plus doux
Cet ordre exécutif est déjà la version allégée. Le mois dernier, Trump a annulé brusquement un événement de signature où il prévoyait de lancer une proposition antérieure, plus stricte, aux côtés des PDG des principales entreprises d'IA. Plusieurs cadres, invités à la dernière minute, n'ont pas pu assister, mais ont manifesté leur soutien à l'ordre initial.
Trump a ensuite affirmé avoir reporté l'événement car l'ordonnance initiale aurait pu aller trop loin, la décrivant comme un potentiel « frein » au développement de l'IA. David Sacks, un conseiller clé dans l'entourage politique technologique de l'administration, aurait milité contre des dispositions réglementaires plus strictes. Son argument reposait sur la préservation de la suprématie américaine en matière d'IA, notamment par rapport à la Chine.
Le résultat est un décret exécutif qui demande poliment plutôt que d'exiger. Les agences fédérales encourageront l'utilisation de l'IA en cybersécurité et établiront des centres de coordination pour le partage d'informations connexes, mais la participation des entreprises privées reste entièrement facultative.
Pourquoi le monde de la cryptomonnaie devrait prêter attention
L'intersection entre l'IA et la crypto a connu une croissance rapide au cours des deux dernières années. Les jetons d'agents IA, les réseaux de calcul décentralisés et les infrastructures de trading pilotées par l'IA ont occupé une niche significative sur les marchés d'actifs numériques. Les projets développant un entraînement et une inférence IA décentralisés, comme ceux sur des réseaux tels que Bittensor et Render, opèrent dans une zone réglementaire grise où les politiques en matière d'IA et de crypto se chevauchent de plus en plus.
Un cadre volontaire, et non obligatoire, signifie que ces projets sont peu susceptibles de faire face à des obstacles immédiats de conformité en raison de cet ordre particulier. Pour les projets d’intelligence artificielle décentralisés, la question devient : qui participe à un examen volontaire lorsqu’il n’existe aucune entité centralisée pour se porter volontaire ? Une période d’examen de 30 jours est gérable pour OpenAI ou Anthropic. C’est un casse-tête conceptuel pour un réseau décentralisé où les mises à jour du modèle sont proposées et approuvées par la gouvernance par jeton.
Le cadre compétitif et ses limites
L'administration a constamment encadré la politique sur l'IA à travers le prisme de la concurrence entre les États-Unis et la Chine. La logique est à peu près la suivante : réguler trop agressivement et les entreprises américaines perdent leur avantage. La Chine a en réalité mis en œuvre ses propres régulations sur l'IA, y compris des exigences en matière de transparence algorithmique et d'étiquetage des contenus générés par l'IA. Le récit selon lequel la Chine opère dans un vide réglementaire ne résiste pas à l'analyse.
Pour le secteur technologique dans son ensemble, et pour les marchés cryptos liés à l’IA en particulier, cela se traduit par un environnement politique où la croissance est priorisée par rapport à la prudence. Les analystes suggèrent qu’il pourrait y avoir des perturbations à court terme minimes en raison du caractère non obligatoire de l’examen, ce qui pourrait renforcer la confiance des investisseurs et la résilience technologique.
