Le président Trump engage un autre conflit avec la Réserve fédérale, et le moment pourrait à peine être pire pour les investisseurs en obligations. La Maison-Blanche étudierait le retrait de la gouverneure de la Fed, Lisa Cook, suite à des allégations de fraude hypothécaire, une mesure qui interviendrait quelques semaines avant une réunion cruciale du FOMC en septembre 2026, où les marchés attendent une décision importante sur les taux.
La controverse Cook et ce qu'elle signifie
Au 7 août 2026, la Maison-Blanche a accordé à Lisa Cook trois semaines pour répondre aux allégations contestables concernant un prêt immobilier, une préparation à un éventuel retrait du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale. Cette mesure est juridiquement fragile. La jurisprudence de la Cour suprême protège généralement les gouverneurs de la Réserve fédérale contre un licenciement sans cause, ce qui signifie que l’administration devra établir que ces allégations atteignent ce seuil.
Trois membres du FOMC ont déjà voté en faveur d'une hausse des taux à la réunion de juillet 2026, reflétant une préoccupation réelle quant au retour de l'inflation à l'objectif de 2 %. Éliminer un gouverneur susceptible d'être doves, ou simplement créer suffisamment de chaos pour influencer les délibérations, pourrait modifier la dynamique interne du comité d'une manière que le marché doit intégrer dans ses prix.
Warsh marche sur une corde raide
Kevin Warsh a prêté serment le 22 mai 2026 et a passé ses premiers mois à tenter d'établir sa crédibilité sur l'inflation tout en naviguant auprès d'un président qui l'a nommé en partie parce qu'il s'attendait à un oreille plus bienveillante. Warsh a indiqué son désir de réduire les orientations futures, accordant ainsi à la Réserve fédérale plus de flexibilité en parlant moins de ses projets futurs.
Trump a maintenu une communication directe avec Warsh depuis sa nomination, une dynamique qui fait écho à sa relation conflictuelle avec l'ancien président Jerome Powell.
Les marchés à terme indiquent actuellement une probabilité d'environ 75 % d'une hausse de taux de un quart de point d'ici les élections intermédiaires. Les données sur les salaires de juillet ont montré une légère augmentation, insuffisante pour justifier des hausses agressives, mais suffisante pour garder cette option fermement sur la table.
Les marchés obligataires suivent de près
Les stratèges de Barclays ont observé début août 2026 que les rendements des obligations à long terme et les attentes d'inflation avaient déjà commencé à évoluer en réponse aux déclarations de Warsh et au climat politique plus large. Les analystes ont souligné que la compensation inflationniste à moyen et long terme nécessitait une surveillance étroite.
Les primes de risque d’inflation plus élevées n’affectent pas seulement les traders d’obligations. Elles se répercutent sur les taux hypothécaires, les coûts d’emprunt des entreprises et, finalement, l’économie réelle. Un président exigeant des taux plus bas peut, paradoxalement, provoquer des taux à long terme plus élevés si la campagne affaiblit l’institution chargée de contrôler l’inflation.
