La Cour suprême vient de fournir à la Réserve fédérale un bouclier et de cibler la SEC. Dans une décision adoptée à 6 contre 3 les 29 et 30 juin, la cour a préservé l'indépendance de la Réserve fédérale vis-à-vis du retrait présidentiel, tout en supprimant les protections similaires accordées à d'autres agences indépendantes, notamment la Securities and Exchange Commission.
La décision et son impact « curieusement ignoré »
Noah Feldman, professeur à la Harvard Law School et chroniqueur à Bloomberg, a publié une chronique le 6 août arguant que l'impact de cette décision sur la SEC a été « étrangement ignoré » dans le débat plus large sur l'indépendance de la Réserve fédérale.
Désormais, qui que ce soit à la présidence peut licencier tout commissaire de la SEC à tout moment, pour n’importe quelle raison ou aucune.
C’est l’interprétation de Feldman de la décision. La SEC a été conçue pour fonctionner avec un certain degré d’indépendance vis-à-vis des pressions politiques. Les commissaires servent des durées fixes précisément pour pouvoir prendre des décisions impopulaires, comme des actions en application contre des entreprises puissantes, sans craindre pour leur sécurité d’emploi.
Pourquoi la crypto devrait attirer l'attention
La SEC compte actuellement trois commissaires républicains, et la Commodity Futures Trading Commission fonctionne avec un seul commissaire, le président Michael Selig. Les deux agences travaillent activement à la réglementation des actifs numériques, notamment sur les cadres de classification des jetons et les normes de conformité. La durabilité des règles que ces agences produisent est désormais une question légitime. Les propositions de taxonomie des jetons, les priorités d’application, les exigences d’enregistrement : tout cela dépend désormais de qui occupe la Maison Blanche plutôt que de ce que la loi exige réellement.
La situation de la CFTC ajoute une autre couche de préoccupation. Fonctionner avec un seul commissaire tout en essayant de co-développer un cadre pour les actifs numériques avec la SEC est déjà une vulnérabilité structurelle. Si ce seul commissaire peut être éliminé à volonté, la capacité de l'agence à négocier et à mettre en œuvre une politique crypto durable devient encore plus fragile.
Les implications sur le marché que les investisseurs ne peuvent pas ignorer
Des experts juridiques et d'anciens responsables d'agence ont signalé la possibilité d'une augmentation de la volatilité du marché comme conséquence directe de cette décision. La réduction du nombre de commissaires associée à un retrait plus facile crée des conditions propices à des régulations moins stables et à un contrôle affaibli de la conduite de l'agence.


