Elon Musk a annoncé que le système Vera Rubin NVL72 spatial, développé en partenariat avec NVIDIA par SpaceX, sera lancé en orbite au quatrième trimestre 2027, puis déployé à grande échelle en 2028 ; mais la gestion de la chaleur résiduelle massive dans l'environnement du vide spatial constitue le véritable défi pour que ce système puisse atteindre la puissance de calcul visée.
(Synthèse précédente : SpaceX a exclusivement verrouillé l'architecture AI de NVIDIA ; le projet de centre de données spatial Starmind démarrera l'année prochaine)
(Informations complémentaires : Comment SpaceX refroidit-il son centre de données spatial ? Les ingénieurs affirment que c'est impossible, Musk : plus de 10 000 satellites sont en fonctionnement)
Elon Musk announced on X today (25) that SpaceX and NVIDIA have collaborated to design a space-specific Vera Rubin NVL72 system, set to launch into orbit in Q4 2027 and enter large-scale deployment in 2028.
NVIDIA indique que ce déploiement de SpaceX, le Vera Rubin NVL72, intègre 72 GPU Rubin et 36 CPU Vera dans un seul rack, interconnectés par NVLink de sixième génération, avec une bande passante totale interne de 260 To/s.
NVL72 était à l'origine un rack phare conçu par NVIDIA pour des usines AI au sol ; cette fois, il est pour la première fois adapté à des normes spatiales, ce qui revient à transférer directement sur un satellite la configuration la plus avancée d'un centre de données. NVIDIA a également annoncé que les entreprises de Musk adopteront le processeur Vera pour accélérer le calcul nécessaire à Grok et aux prochaines générations d'« IA agentes ».
SpaceX, en partenariat avec Nvidia, a conçu un système Vera Rubin NVL72 optimisé pour l'espace, destiné à être lancé en orbite au quatrième trimestre de l'année prochaine, avec une mise à grande échelle prévue pour 2028 https://t.co/qdDq8YBkzl
— Elon Musk (@elonmusk) August 24, 2026
Raisons de parier sur NVIDIA
Ce système a traversé une transition marquée depuis sa conception jusqu'à sa finalisation. Au début août, SpaceX a annoncé l'adoption exclusive de la technologie NVIDIA ; auparavant, Musk avait déclaré qu'il chercherait différentes puces et différentes conceptions, en comparant plusieurs options.
La décision finale a consisté à parier entièrement sur NVIDIA pour l'ensemble du centre de données spatial. La logique derrière cette décision n'est peut-être pas complexe : l'environnement spatial n'admet pas les essais-erreurs ; le volume, le poids et les chemins de dissipation thermique des baies doivent être redessinés, tout en intégrant plusieurs architectures, ce qui multiplie par plusieurs fois le temps de développement et exige la validation répétée de la fiabilité de plusieurs systèmes.
The cost logic of space launches is also straightforward: every additional kilogram adds to the launch cost, and maintaining multiple chip solutions means paying separately for different weight and thermal designs. Musk described in his post that such satellite-based data centers are "significantly simpler, lower cost, higher density, and lighter" than traditional rack-based data centers.
La dissipation de la chaleur est le véritable défi
Le problème, c’est qu’il n’y a pas d’air dans l’espace. Les centres de données au sol utilisent des ventilateurs et des tours de refroidissement pour éliminer la chaleur grâce à la convection de l’air ; mais dans le vide, la dissipation de la chaleur ne peut s’effectuer que par des circuits de refroidissement liquide qui transmettent la chaleur à des panneaux radiatifs, puis éliminent l’énergie thermique sous forme de rayonnement infrarouge vers l’espace profond — une méthode vieille de plusieurs décennies utilisée sur la Station Spatiale Internationale.
Le satellite prototype Starmind AI1 de SpaceX, équipé d'une plaque de refroidissement par liquide déployable de 110 mètres carrés, supporte une puissance de calcul maximale de 150 kW, avec une envergure de 70 mètres, plus longue que celle d'un Boeing 747, en orbite à environ 600 kilomètres.
L'interrogateur a fait le calcul : pour dissiper simplement 1 MW de chaleur résiduelle, il faut environ 1 200 mètres carrés de panneaux radiatifs, l'équivalent de quatre terrains de tennis ; si l'on considère un centre de données AI de taille minimale utilisable de 100 MW, la surface radiative doit atteindre 100 000 mètres carrés. En comparaison avec l'objectif fixé par SpaceX lui-même — atteindre 2 GW de puissance de calcul d'ici la fin 2026 et approcher 10 GW d'ici la fin 2027 — l'écart est d'un ordre de grandeur, et ne peut être comblé en ajoutant quelques panneaux de refroidissement supplémentaires.
Face aux critiques sur la dissipation thermique, Musk n’a pas fourni d’explication directe sur la manière de résoudre le problème, mais a simplement répondu que les satellites en orbite de SpaceX dépassent déjà dix mille unités, soit environ deux tiers de tous les satellites actifs dans le monde, dépassant largement la somme de tous les autres systèmes aérospatiaux. Cette déclaration démontre la capacité de lancement et de déploiement, pas la capacité de dissipation thermique — ce sont deux sujets différents.
Le centre de données spatial ne se départage pas selon qui lance en premier un rack, mais selon trois chiffres : le coût de lancement, la surface de dissipation thermique et la puissance de calcul par watt. Quand deviendra-t-il moins cher que le sol ? Cela dépendra de ce que Musk parviendra encore à accomplir.
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