SoftBank vient de s'engager à investir 45 milliards d'euros, soit environ 52 milliards de dollars, dans la construction de centres de données IA dans le nord de la France au cours des cinq prochaines années. Il s'agit du plus grand projet d'infrastructure IA jamais vu en Europe, et ce n'est que la première phase.
L'investissement finançera 3,1 gigawatts de capacité de centre de données sur plusieurs sites dans la région Hauts-de-France. Le fondateur de SoftBank, Masayoshi Son, est en pourparlers avec le président français Emmanuel Macron depuis au moins mi-mai, selon des rapports qui évoquent un potentiel total de 100 milliards de dollars d'investissements en France.
Ce que SoftBank construit réellement
Les centres de données seront répartis sur plusieurs sites, notamment Le Bosquel et Dunkerque, avec les premières installations prévues en ligne d'ici 2028. La completion totale est ciblée pour 2031.
Mais le chiffre de 45 milliards d’euros n’est qu’un début. L’engagement total de SoftBank s’élève à 75 milliards d’euros, soit environ 87 milliards de dollars, ce qui permettrait de déployer 5 GW de capacité sur d’autres sites, notamment Bouchain.
L'annonce a été faite le 30 mai 2026, conçue pour coïncider avec le sommet Choose France de Macron, un événement annuel destiné à attirer des investissements étrangers. La présence de Son au sommet n'était pas fortuite. Il s'agit d'un accord que les deux parties construisent depuis des semaines, le gouvernement français étant clairement désireux de positionner le pays comme un concurrent sérieux dans la course mondiale à l'infrastructure IA.
Le bénéfice net annuel de SoftBank aurait été multiplié par quatre pour dépasser 32 milliards de dollars mi-mai 2026, principalement grâce à des investissements liés à l’IA. L’entreprise a injecté des capitaux dans des entreprises comme OpenAI et mise clairement sur une croissance exponentielle de la demande en puissance de calcul pour l’IA.
Pourquoi la France, et pourquoi maintenant
La France offre plusieurs avantages. Les coûts d'électricité sont relativement compétitifs grâce au parc nucléaire du pays. La région Hauts-de-France propose des terrains, un accès au réseau électrique et un gouvernement qui déploie visiblement le tapis rouge.
Ce que cela signifie pour les investisseurs
Les implications énergétiques méritent d'être suivies de près. La construction de 5 GW de capacité de centre de données nécessite une quantité énorme d'électricité. Le réseau français, fortement axé sur le nucléaire, lui confère un avantage sur les pays dépendant du gaz naturel ou des énergies renouvelables qui ne peuvent pas encore fournir une puissance de base à grande échelle.
Un risque à signaler : l’exécution. Construire 3,1 GW de capacité de centre de données en cinq ans est extrêmement ambitieux. Les retards d’autorisation, les goulets d’étranglement de construction et les délais de raccordement au réseau ont déjà entravé des projets de centres de données par le passé. L’objectif de 2028 pour le démarrage des premières opérations constituera le premier véritable test de la capacité de ce projet à respecter son calendrier.
