Le comité bancaire du Sénat se prépare à examiner le CLARITY Act, et le secteur bancaire souhaite s'assurer que les stablecoins ne ressemblent pas trop à des comptes d'épargne. Une coalition de grands groupes bancaires, dont l'American Bankers Association, fait pression vigoureusement contre les dispositions qui permettraient aux émetteurs de stablecoins d'offrir des paiements d'intérêts aux détenteurs.
Le compromis Tillis-Alsobrooks
Les sénateurs Thom Tillis et Angela Alsobrooks ont négocié un accord bipartite visant à trouver un compromis. Ce compromis interdit les rendements passifs de type intérêt sur les stablecoins de paiement, ces revenus « mets-en et oublie-les » qui rendraient une stablecoin fonctionnellement identique à un dépôt bancaire. Ce qu'il autorise : des récompenses liées à l'activité, liées au trading ou à l'utilisation de la plateforme.
Le sénateur Tillis a présenté cet accord comme un barrage. Il a déclaré que l'accord empêche les récompenses en stablecoin de simuler les intérêts des dépôts bancaires.
La coalition bancaire a ciblé spécifiquement la section 404 du projet de loi. Leur argument : la disposition telle qu'initialement rédigée risque de provoquer un retrait des dépôts et pourrait affaiblir la base de capital sur laquelle les banques communautaires et les prêteurs régionaux comptent.
Calendrier législatif et dynamique
Le comité bancaire du Sénat a programmé son examen pour la semaine du 11 mai, avec un vote potentiel du comité prévu pour le 14 mai 2026. Les dirigeants du Sénat poussent pour une adoption accélérée, dans le but d'envoyer le projet de loi au vote complet du Sénat d'ici mi-mai.
La loi CLARITY a déjà franchi un obstacle majeur à la Chambre, qui a adopté sa version en juillet 2025 par un vote bipartite de 294 contre 134. La question du rendement — plus précisément, le montant de rendement que les émetteurs de stablecoins devraient être autorisés à offrir aux détenteurs — est devenue le point bloquant qui a retardé les actions du Sénat pendant plusieurs mois.
L'objectif plus large de la législation est d'établir un cadre réglementaire clair pour les émetteurs de stablecoins. Actuellement, la réglementation des stablecoins aux États-Unis est un mélange de licences d'expéditeurs de fonds au niveau des États et de directives fédérales informelles. La loi CLARITY créerait un cadre fédéral unifié, offrant aux émetteurs un ensemble unique de règles à suivre plutôt que de devoir naviguer à travers 50 régimes étatiques différents.
Ce que cela signifie pour les investisseurs et le marché des stablecoins
La restriction de rendement, si elle survit à la mise en forme, redéfinirait la manière dont les émetteurs de stablecoins concourent pour les utilisateurs. Des entreprises comme Circle et Tether ne transmettent actuellement pas les intérêts qu'elles gagnent sur les actifs de réserve aux détenteurs de stablecoins. Les nouveaux entrants et les protocoles DeFi ont expérimenté des stablecoins générant un rendement, et ces produits seraient soumis à des contraintes importantes dans le cadre Tillis-Alsobrooks.
Pour les banques traditionnelles, cet compromis est une victoire partielle. Elles souhaitaient une interdiction totale des rendements des stablecoins. Elles ont obtenu une interdiction du type de rendement qui concurrence directement les comptes déposés. La dérogation pour les récompenses basées sur l’activité crée toujours une pression concurrentielle, mais il s’agit d’un type de pression que les banques sont plus habituées à gérer.



