Parier contre les actions américaines est soudainement devenu très populaire. L'intérêt court médian sur les entreprises du S&P 500 a bondi à environ 3,7 %, un niveau non vu depuis 11 ans, selon des données de Global Markets Investor. La dernière fois que tant d'opérateurs s'étaient positionnés sur un recul du marché, celui-ci était très différent.
Et ce n’est pas seulement les grandes capitalisations. Le Nasdaq 100 affiche un intérêt à court terme d’environ 2,7 %, un niveau record depuis six ans, tandis que le Russell 2000 a atteint près de 5,0 %, son plus haut niveau en 15 ans.
Ce que signifient réellement ces chiffres
L'intérêt à court terme mesure le pourcentage des actions négociables d'une entreprise qui ont été vendues à découvert mais pas encore couvertes. Lorsque ce chiffre augmente sur l'ensemble d'un indice, cela révèle quelque chose sur l'humeur collective des investisseurs institutionnels.
La tendance s'est construite depuis le milieu de 2024 et s'est fortement accélérée en 2026. Les vendeurs à découvert ne se sont pas réveillés un matin en décidant que les actions étaient surévaluées. Il s'agit d'un renforcement lent et méthodique de positions baissières, qui a maintenant atteint des niveaux historiquement associés à des mouvements importants du marché dans une direction ou une autre.
L'intérêt court médian du Russell 2000, qui atteint presque 5,0 %, est particulièrement frappant. Les petites capitalisations sont généralement considérées comme plus vulnérables aux ralentissements économiques, et un niveau record de 15 ans dans les positions courtes suggère que les traders perçoivent un risque baissier significatif dans ce segment du marché le plus lié à la santé économique domestique.
La mathématique du short squeeze
Voici ce qu’il faut savoir sur un niveau élevé d’intérêt à court : cela peut fonctionner dans les deux sens. Lorsqu’une grande partie des actions négociables sont vendues à découvert, tout catalyseur qui fait augmenter les prix oblige les vendeurs à découvert à racheter des actions pour limiter leurs pertes. Cette pression d’achat pousse encore les prix à la hausse, ce qui oblige davantage de vendeurs à découvert à couvrir leurs positions, créant ainsi une boucle auto-renforçante.
Les mécanismes sont simples. Les vendeurs à découvert empruntent des actions et les vendent, en espérant les racheter plus tard à un prix inférieur. Lorsque les prix augmentent au lieu de diminuer, leurs pertes sont théoriquement illimitées, ce qui crée une pression énorme pour fermer rapidement les positions.
La situation actuelle est quelque peu paradoxale. Les marchés actions américains évoluent près de leurs niveaux record, tandis que les positions courtes atteignent des sommets pluriannuels.
