Deux des joueurs les plus décorés de l’histoire du football brésilien échangent leurs bottes contre des bureaux. Ronaldo Nazário et Roberto Carlos se sont associés au prince saoudien Abdullah bin Saad bin Abdulaziz Al Saud et à l’homme d’affaires Enrico Ambrogini pour acquérir une participation de contrôle dans l’Inter de Limeira, un club actuellement en troisième division brésilienne.
L'ambition du groupe : faire passer le club de la Série C à l'élite du football brésilien en environ huit ans. L'engagement financier estimé s'élève à environ 454 millions de R$, ce qui, aux taux de change actuels, dépasse les 80 millions de dollars.
Pourquoi cette offre compte au-delà de la présentation
L'Inter de Limeira n'est pas un simple club amateur pour ces investisseurs. Le club, fondé en 1913 dans l'État de São Paulo, détient une valeur sentimentale pour au moins un membre du groupe propriétaire. Roberto Carlos y a lancé sa carrière professionnelle en 1992, bien avant que son pied gauche légendaire ne devienne synonyme de coups francs impossibles à Real Madrid.
L'acquisition suit le modèle de la Sociedade Anônima do Futebol, connu sous le nom de SAF. Imaginez-le comme le cadre brésilien permettant de transformer les clubs de football en entités corporatives avec des investissements externes, une meilleure gouvernance et une véritable responsabilité.
Prince Abdullah a annoncé son entrée dans le domaine de la propriété sportive le 25 mai 2026, marquant sa première entreprise dans ce secteur. Roberto Carlos a complété cette annonce lors d'une interview publique le 22 juillet 2026, confirmant le groupe d'investisseurs plus large et évoquant des ambitions qui dépassent un seul club.
Roberto Carlos a suggéré que le groupe a une vision pour réorganiser le football brésilien au niveau régional.
Le modèle SAF et la fièvre dorée du football au Brésil
La législation brésilienne SAF, adoptée en 2021, a profondément transformé la manière dont les flux d'investissement pénètrent dans l'écosystème du football du pays. Avant cette loi, les clubs fonctionnaient selon un modèle qui rendait les investissements extérieurs extrêmement difficiles. Désormais, les groupes d'investisseurs peuvent acquérir des participations majoritaires, installer une gestion professionnelle et gérer les clubs comme des entreprises plutôt que comme des clubs sociaux.
Pour l'Inter de Limeira spécifiquement, l'apport de 454 millions de R$ sur plusieurs années représenterait un investissement transformateur. Les clubs de la Série C au Brésil opèrent généralement avec des budgets modestes, et un capital à cette échelle financerait des améliorations d'infrastructure, des renforcements de l'effectif, le développement des jeunes et ce professionnalisme organisationnel qui distingue les clubs bloqués dans les divisions inférieures de ceux qui rivalisent au plus haut niveau.
Le délai de huit ans pour atteindre la première division est ambitieux, mais pas irréaliste. Le système de promotion du football brésilien exige de gravir les échelons de la Série C à la Série B, puis à la Série A, chaque étape nécessitant une performance constante et des investissements.
