La France vient de bloquer Polymarket. Polymarket affirme qu'il poursuivra la France en justice.
Le 16 juillet 2026, l'Autorité nationale des jeux d'argent (ANJ) de France a ordonné aux fournisseurs de services Internet du pays de couper l'accès à la plateforme de marché de prévision. Polymarket a annoncé le 22 juillet qu'il entend contester ce blocage via le système juridique français.
Comment nous en sommes arrivés là
Cela n’est pas apparu de nulle part. L’ANJ avait déjà agi contre Polymarket en novembre 2024, lorsque la France a interdit les transactions financières vers la plateforme en raison de préoccupations concernant des activités de jeu illégales et une possible manipulation des paris.
Cette restriction antérieure n’a visiblement pas dissuadé les utilisateurs français. La dernière action de l’ANJ a été en partie motivée par des données montrant que Polymarket a reçu plus de 578 000 visites provenant de France uniquement en juin 2026, malgré l’interdiction des transactions déjà en vigueur.
L'ANJ a cité deux préoccupations principales : le risque de pertes financières importantes pour les utilisateurs et la possibilité que les paris sur la plateforme puissent être manipulés. La position du régulateur est essentiellement que Polymarket fonctionne comme un site de paris non autorisé.
Polymarket a contesté ce cadre. L'entreprise s'est décrite comme une plateforme d'information plutôt qu'une opération de jeu, et a exprimé à la fois déception et surprise face à ce qu'elle a qualifié de décision soudaine.
Pourquoi ce cas importe au-delà de la France
Si Polymarket gagne, cela établirait un précédent juridique selon lequel les marchés de prévision sont distincts des opérations de jeu traditionnelles, du moins dans le cadre des cadres juridiques européens. S'il perd, le modèle pour bloquer des plateformes similaires deviendra beaucoup plus facile à suivre pour les autres régulateurs.
Ce que les investisseurs et les participants au marché doivent surveiller
Le blocage au niveau de l'FAI s'applique au territoire français, et les utilisateurs disposant d'un VPN ont historiquement trouvé des moyens de contourner ces restrictions, ce qui explique probablement pourquoi 578 000 visites françaises ont encore eu lieu après l'interdiction de transaction.
L'approche en deux étapes de la France, ciblant d'abord les transactions en novembre 2024, puis l'accès aux sites en juillet 2026, constitue un modèle reproductible. Une décision favorable sur la question de savoir si ces plateformes constituent un jeu d'argent aurait des répercussions bien au-delà de la France, pouvant façonner la manière dont les régulateurs en Allemagne, aux Pays-Bas et dans d'autres États membres de l'UE abordent cette catégorie.

