Les consommateurs américains ressentent la pression, et les données confirment cette impression. L’enquête sur les attentes des consommateurs de la Banque centrale de New York, publiée le 8 septembre 2026, dépeint un tableau de ménages de plus en plus inquiets concernant leur emploi, leurs dettes et leur capacité à suivre la hausse des coûts.
Le chiffre le plus frappant : la probabilité moyenne attribuée par les consommateurs à une augmentation du chômage aux États-Unis au cours de la prochaine année a augmenté de 1,6 point de pourcentage pour atteindre 44,4 %. Il s'agit du niveau le plus élevé depuis avril 2020, lorsque l'économie était encore en pleine reprise des fermetures liées à la pandémie.
Les chiffres racontent une histoire sombre
L'enquête SCE, un sondage mensuel en ligne réalisé du 3 au 31 août auprès d'environ 1 300 chefs de ménage américains, constitue l'un des indicateurs clés de la Fed sur le sentiment des consommateurs.
Une part croissante de ménages ont déclaré que leur situation financière s'était détériorée par rapport à il y a un an. Dans le même temps, les attentes concernant les conditions futures ont également diminué.
Sur le front de l’emploi, la probabilité d’obtenir un nouvel emploi après avoir perdu son emploi actuel a diminué de 0,8 point de pourcentage pour s’établir à 45,4 %.
Le stress sur le crédit s’intensifie également. La probabilité de ne pas effectuer un paiement minimum de dette au cours des trois prochains mois a augmenté de 1,2 point de pourcentage pour atteindre 13,2 %.
Les attentes d'inflation restent stables, mais les craintes liées au gaz augmentent
Du côté de l’inflation, les attentes d’inflation à un an ont été stables à 3,6 %, tandis que la perspective à trois ans a légèrement baissé à 3,2 %. La perspective à cinq ans est restée ancrée à 3,0 %.
Le véritable atypique était l'essence. La croissance attendue des prix de l'essence a augmenté de 1,7 point de pourcentage pour atteindre 4,6 % en août.
Entre-temps, la croissance prévue du revenu médian des ménages est restée stable à 3,0 %, mais les attentes de croissance des dépenses ont augmenté de 0,3 point de pourcentage pour atteindre 5,2 %.
Pourquoi cela compte pour les marchés et la Fed
La date de publication de ce sondage est remarquable. Il est publié plusieurs semaines avant la prochaine réunion prévue du Comité fédéral de marché ouvert, où les responsables évalueront précisément ces signaux de sentiment des consommateurs aux côtés de données économiques plus concrètes.
La probabilité croissante de défaut de paiement de la dette à 13,2 % est particulièrement pertinente pour les marchés du crédit. L'écart entre les attentes de croissance des revenus à 3,0 % et les attentes de croissance des dépenses à 5,2 % représente une différence de 2,2 point de pourcentage, ce qui implique que les consommateurs prévoient de financer cette différence par une réduction de leurs épargnes ou un endettement accru.

