Nvidia vient de déclarer la guerre aux deux entreprises qui dominent le marché des processeurs PC depuis des décennies. Le géant des GPU a annoncé le Superchip RTX Spark lors de sa conférence clé GTC Taipei le 1er juin, un processeur basé sur Arm qui combine les fonctions CPU et GPU dans un seul package conçu pour l'IA sur appareil.
Ce qu'est réellement le RTX Spark Superchip
Le Spark Superchip est construit sur l'architecture Arm, et non sur l'ensemble d'instructions x86 sur lequel Intel et AMD s'appuient depuis des décennies. Il intègre les capacités CPU et GPU sur une seule puce, spécifiquement conçue pour exécuter des charges de travail IA localement sur un ordinateur personnel.
Le PDG de Nvidia, Jensen Huang, n'a pas fait de demi-mesures concernant l'ambition derrière le produit.
Cela va devenir le nouveau PC.
La puce cible tout, de la productivité traditionnelle au gaming, en passant par les fonctionnalités avancées d'IA locale qui deviennent de plus en plus des exigences de base dans l'informatique moderne. Les indicateurs de performance spécifiques et les prix n'ont pas été révélés lors de la conférence.
Les PCs alimentés par le Superpuce RTX Spark devraient arriver sur les étagères à l'automne 2026. La liste des partenaires de lancement ressemble à un qui est qui de l'industrie des PCs : Dell, HP, Microsoft, Lenovo, ASUS et MSI développent tous des ordinateurs portables et de bureau Windows autour de cette nouvelle puce.
Le partenariat avec Microsoft est particulièrement remarquable. Les deux entreprises collaborent pour, selon elles, « réinventer le PC » pour l'ère de l'IA.
Une deuxième acte, une décennie en préparation
Ce n’est pas vraiment le premier essai de Nvidia sur le marché des processeurs PC. L’entreprise a tenté d’entrer sur ce marché il y a plus de dix ans, sans succès. Ce premier essai s’est estompé pour devenir une note de bas de page, tandis que Nvidia a fait pivoter son activité vers ce qui est devenu sa vache à lait : les GPU pour les jeux vidéo, puis, ultérieurement, pour l’entraînement de l’IA dans les centres de données.
La différence cette fois-ci réside dans le contexte. Lorsque Nvidia avait tenté de vendre des processeurs PC pour la dernière fois, la révolution de l'IA n'avait pas encore eu lieu. Apple a démontré avec ses puces M que les processeurs basés sur Arm pouvaient surpasser les conceptions x86 en efficacité énergétique tout en offrant des performances brutes compétitives. Qualcomm pousse ses propres puces Snapdragon X basées sur Arm vers les PC Windows.
Ce que cela signifie pour les investisseurs
Si le Spark gagne une traction significative, il pourrait exercer une pression sur Intel et AMD sur deux fronts simultanément. Tout d'abord, il propose une alternative crédible basée sur Arm à leurs offres x86. Ensuite, il intègre directement la technologie GPU et IA de Nvidia dans le processeur principal du système, une capacité que aucun de ses concurrents ne peut reproduire avec le même niveau d'expertise en IA.
Pour ceux qui suivent le paysage concurrentiel, Intel est le plus exposé. L'entreprise peine depuis des années avec des retards de fabrication et perd des parts de marché dans les centres de données au profit de Nvidia. AMD, qui gagne du terrain avec ses processeurs Ryzen et vend également des GPU discrets, fait face à une menace plus nuancée.
Le risque, bien sûr, est l'exécution. Nvidia n'a jamais livré de processeur PC grand public à grande échelle. Nvidia ne contrôle pas Windows. Microsoft le fait. Ce partenariat devra être impeccable pour que Spark tienne ses promesses.
