Nvidia vient de faire quelque chose qu'elle n'a jamais fait auparavant : concevoir une puce complète pour ordinateurs personnels. L'entreprise devenue la plus précieuse au monde en vendant du matériel d'IA aux centres de données s'attaque désormais à votre ordinateur portable.
Le PDG Jensen Huang a dévoilé le RTX Spark le 1er juin lors de l'événement GTC organisé dans le cadre de Computex à Taipei. Ce système sur puce basé sur Arm associe une CPU Grace personnalisée à une GPU d'architecture Blackwell, et il est spécifiquement conçu pour les ordinateurs portables et les petits ordinateurs de bureau sous Windows. Les unités devraient être livrées à l'automne 2026.
Qu’y a-t-il réellement à l’intérieur du RTX Spark
Le RTX Spark intègre un CPU Arm à 20 cœurs, une GPU Blackwell avec 6 144 cœurs CUDA et 128 Go de mémoire unifiée LPDDR5X. Nvidia affirme que ce processeur offre environ 1 petaflop de puissance de calcul IA. En anglais : cela suffit pour exécuter de grands modèles IA comportant jusqu'à 120 milliards de paramètres et une fenêtre de contexte d'un million de jetons, sans avoir à contacter un serveur cloud.
Nvidia a développé le processeur en partenariat avec Microsoft, en se concentrant sur la possibilité pour les agents IA de s'exécuter en toute sécurité directement sur l'appareil. La proposition est simple : gardez vos données locales, évitez la latence des allers-retours vers le cloud, tout en bénéficiant d'une performance à la hauteur de celle d'un rack de serveurs.
Un champ de bataille bondé accueille un autre combattant
Apple conçoit ses propres puces Arm pour les Mac depuis 2020 avec la série M. Qualcomm a lancé ses processeurs Snapdragon X Elite pour apporter le calcul Arm aux ordinateurs portables Windows. Intel et AMD, quant à eux, intègrent des unités de traitement neural dans leurs dernières puces grand public.
Aucun puce consommateure concurrente n'atteint actuellement 1 petaflop de calcul IA ou 128 Go de mémoire unifiée.
Les partenariats de fabrication illustrent à quel point Nvidia prend cela au sérieux. Dell, HP, Lenovo, Asus, MSI, Acer, Gigabyte et Microsoft Surface sont tous répertoriés comme partenaires dispositifs.
Ce que cela signifie pour les investisseurs
Le prix est un point majeur. Une puce avec 128 Go de mémoire unifiée et une GPU Blackwell ne sera pas bon marché. L'adoption précoce pourrait fortement se concentrer sur les utilisateurs de postes de travail premium, les professionnels créatifs et les développeurs d'IA, plutôt que sur les consommateurs grand public.
Il y a aussi la question de l’écosystème logiciel. Les PC Windows basés sur ARM ont historiquement eu du mal avec la compatibilité des applications, un problème qui a handicapé les premiers efforts de Qualcomm avec Snapdragon. Le partenariat entre Microsoft et Nvidia suggère que les deux entreprises travaillent à faciliter cette transition, mais les performances réelles sur des milliers d’applications Windows héritées restent une question ouverte jusqu’à ce que les appareils atteignent réellement les clients.
