L'entité qui gère environ 2 billions de dollars d'actifs mondiaux vient d'indiquer à la SEC que son projet d'éliminer les obligations de déclaration climatique est une mauvaise idée. Le Fonds de retraite gouvernemental global de Norvège, le plus grand fonds souverain du monde, s'est officiellement opposé à la proposition de la Securities and Exchange Commission de supprimer les règles de divulgation liées au climat pour les entreprises cotées.
La Norges Bank Investment Management (NBIM), qui supervise le vaste portefeuille du fonds, a soumis des commentaires affirmant que les risques climatiques présentent une pertinence financière significative et qu'un reporting fiable sur ces risques est essentiel pour les investisseurs dans leurs décisions d'allocation de capital. Le fonds n'a pas simplement dit « maintenez les règles ». Il a proposé une voie médiane : mettre en œuvre progressivement les mesures plutôt que de supprimer entièrement le cadre réglementaire.
Ce que la SEC a proposé et qui s'y oppose
Le 29 mai, la SEC a proposé de révoquer entièrement les règles de divulgation climatique qu'elle avait finalisées peu plus de deux ans plus tôt, en mars 2024. La commission a cité des préoccupations concernant son autorité législative pour imposer de telles exigences et a souligné les coûts de conformité que les entreprises devraient supporter.
La période de commentaires publics pour la proposition s'est terminée le 3 août, offrant aux investisseurs institutionnels et autres parties prenantes une fenêtre pour exprimer leur avis. Le fonds souverain de la Norvège a utilisé cette fenêtre pour clarifier sa position.
NBIM n’est pas le seul à s’opposer. Le fonds de retraite suédois AP7, CalSTRS en Californie et plusieurs fonds de retraite de New York ont également contesté les raisons avancées par la SEC pour la révocation. L’argument collectif de ces poids lourds institutionnels se résume à une prémisse simple : le risque climatique est un risque financier, et supprimer les exigences de divulgation laisse les investisseurs dans le noir.
Ce n’est pas la première fois que le NBIM plaide en faveur de la transparence climatique auprès de la SEC. Déjà en 2022, le fonds a soumis des commentaires soutenant des divulgations climatiques normalisées lors du processus initial d’élaboration des règles.
Pourquoi un fonds de 2 billions de dollars se soucie des règles de divulgation
Le fonds a concrétisé cette préoccupation par des actions. En 2024, NBIM a dialogué avec 424 entreprises spécifiquement sur des sujets liés au changement climatique. Il a établi des attentes pour que les entreprises de son portefeuille s'alignent sur l'Accord de Paris et atteignent des émissions nettes nulles d'ici 2050, objectifs définis dans son Plan d'action climatique 2030.
L'argument de la NBIM auprès de la SEC n'était pas que les coûts de conformité n'ont pas d'importance. Le fonds a reconnu la charge imposée aux entreprises, mais a suggéré qu'un calendrier de mise en œuvre progressif serait une solution plus constructive qu'une élimination totale.

