La startup française d'intelligence artificielle Mistral a levé 3 milliards d'euros (3,5 milliards de dollars) de financement frais, ce qui a fait passer sa valorisation au-delà de 21 milliards d'euros, soit environ 24 milliards de dollars. Elle gagne en dynamisme pour concurrencer OpenAI, Anthropic et un nombre croissant de développeurs d'IA chinois.
Samsung Electronics a mené le tour de financement Série D, aux côtés du fonds Scaleup Europe soutenu par l'UE, géré par EQT, et de l'investisseur existant PSG Equity. Mistral described cette opération comme le plus grand tour de levée de fonds en capital jamais réalisé par une entreprise technologique européenne.
La nouvelle évaluation représente une forte augmentation par rapport aux 11,7 milliards d'euros que valait Mistral après son tour de financement de septembre 2025, lorsque le géant de l'équipement de semi-conducteurs ASML a investi 1,3 milliard d'euros et est devenu un actionnaire majeur.
Mistral mise des milliards sur l'infrastructure IA
Mistral prévoit d'utiliser ce nouveau capital pour étendre son infrastructure de calcul, former des modèles d'IA plus puissants et se développer à l'international.
Le PDG Arthur Mensch a déclaré à CNBC que l'entreprise souhaite finalement s'appuyer beaucoup plus fortement sur la capacité de calcul qu'elle possède elle-même, plutôt que de dépendre principalement d'infrastructures tierces.
Cette stratégie prend déjà forme. Plus tôt cette année, Mistral a annoncé un investissement de 1,2 milliard d’euros dans centres de données en Suède. Il s’agissait de sa première expansion majeure d’infrastructure en dehors de la France. Ces installations devraient commencer à fonctionner en 2027.
Mistral a également détaillé des plans pour construire jusqu'à 1 gigawatt de capacité de calcul AI souveraine en Europe d'ici 2030.
L'entreprise opère désormais dans 20 pays et affirme soutenir plus de 125 grandes entreprises, notamment Airbus, ASML et HSBC.
Plutôt que de concurrencer uniquement à travers un chatbot grand public, Mistral s'est concentrée sur l'aide aux entreprises pour construire des systèmes et des modèles d'IA personnalisés autour de leurs propres données, infrastructures et exigences opérationnelles.
Cette stratégie pourrait s’avérer particulièrement attrayante pour les gouvernements et les industries fortement réglementées cherchant un meilleur contrôle sur l’endroit où leurs données sont stockées et sur la manière dont les modèles d’IA sont déployés.
La réponse de l’Europe à OpenAI ?
Mistral est considéré comme une alternative européenne aux géants américains de l'IA comme OpenAI et Anthropic, et il promeut des modèles à poids ouverts que les clients peuvent personnaliser et déployer avec un contrôle accru. Cette stratégie s'inscrit également dans la volonté européenne de promouvoir une « IA souveraine » et de réduire la dépendance vis-à-vis des infrastructures technologiques étrangères.
La dynamique commerciale de Mistral s'est accélérée aux côtés de ces ambitions. Mensch avait déclaré plus tôt cette année que l'entreprise était sur la bonne voie pour dépasser 1 milliard de dollars de revenus récurrents annuels en 2026. Reuters reported mardi que Mistral prévoit toujours d'atteindre cette étape d'ici la fin de l'année.
La concurrence, cependant, est très intense. Mistral fait face non seulement aux grandes entreprises américaines d'IA, mais aussi à des développeurs chinois compétents de modèles ouverts. D'un autre côté, l'investissement mené par Samsung donne à cette start-up française âgée de trois ans bien plus de capitaux pour combler cet écart.
