TL;DR
- L'essai de 110 points de Michael Saylor affirme que le BIP-110 pourrait causer plus de dommages que les restrictions sur les inscriptions et les Ordinals qu'il est censé imposer sur le réseau.
- Il affirme que le bitcoin ne peut pas déduire l'intention à partir des données et met en garde contre le fait que le filtrage par consensus pourrait menacer les outils de confidentialité, les systèmes de custody, le règlement des stablecoins et les applications futures.
- Saylor s'oppose également au seuil d'activation de 55 %, car le signal reste en dessous de 1 %, avec un signal obligatoire qui commence en août avant une cible fixée en septembre.
Michael Saylor a mis en lumière un différend persistant sur le bitcoin, en publiant un essai de 110 points contre le BIP-110. La fork douce proposée restreindrait temporairement les méthodes utilisées pour intégrer des données non financières, notamment les inscriptions et les Ordinals, que les partisans accusent d’engorger les blocs et d’augmenter les frais depuis 2023. Toutefois, Saylor partage plusieurs objectifs sous-jacents, tels que la validation peu coûteuse, les paiements abordables et l’accent mis sur le caractère monétaire du bitcoin. Sa conclusion surprenante est que le remède menace de causer plus de dommages que la maladie elle-même, transformant une mesure technique anti-spam en un débat bien plus vaste sur le consensus, la neutralité et l’innovation sans autorisation sur l’ensemble du réseau.
— Michael Saylor (@saylor) July 18, 2026
Neutralité, consensus et coût de l'intervention
L'affirmation de Saylor est que le réseau ne peut pas déduire l'intention à partir des octets : les mêmes données pourraient représenter une image, une preuve, un contrat ou une application future. Si le consensus rejette un format parce que les utilisateurs détestent un usage particulier, les transactions valides et payantes deviennent invalides. Le problème central est de savoir si Bitcoin peut lutter contre le spam sans juger de l'intention, car Saylor soutient que le spam n'est pas une catégorie de consensus. Il met en garde contre le fait que des règles ciblant un usage contesté pourraient plus tard être réutilisées contre des outils de confidentialité, des arrangements de custody novateurs, stablecoin settlement ou des systèmes de jetons. La restriction pourrait expirer après un an, mais son précédent en matière de gouvernance pourrait rester.

Saylor attaque également le mécanisme d'activation du BIP-110. La proposition réduit le seuil de signalisation des mineurs à 55 %, contre 95 % utilisé pour les précédents soft forks, et supprime la possibilité habituelle pour une proposition non acceptée de s'éteindre silencieusement. La signalisation reste en dessous de 1 %, bien en deçà du niveau requis. Selon lui, une mesure censée être temporaire pourrait donc créer un risque de coordination durable, si certains participants imposent des règles que d'autres rejettent. L'absurdité est frappante : une mesure destinée à protéger le fonctionnement de bitcoin pourrait au contraire diviser le réseau, surtout lorsque le soutien est actuellement bien en deçà du seuil nécessaire à l'activation dans les conditions actuelles.
Saylor présente la controverse comme un test de l'identité du bitcoin plutôt qu'un différend étroit sur l'espace des blocs. Il affirme que la force du système provient de la gestion des désaccords par des règles neutres et un consensus rigide, et non de la désignation d'arbitres de l'utilisation acceptable. Cette confrontation oppose la garde de la neutralité à la garde de la pureté, Saylor étant aligné avec Adam Back, Jameson Lopp et Samson Mow, tandis que Luke Dashjr et le camp Bitcoin Knots soutiennent le BIP-110. La fenêtre de signalisation obligatoire s'ouvre en août, et l'activation est ciblée autour du 1er septembre, garantissant que cet argument philosophique sera bientôt confronté à une date limite concrète.

