Le Japon mise fortement sur le fait de devenir l'une des principales destinations mondiales pour le calcul IA. Un sondage du Nikkei mené auprès de 26 grands opérateurs japonais de centres de données révèle que 22 d'entre eux prévoient d'augmenter leur capacité de centres de données axés sur l'IA de plus de quatre fois d'ici 2033, par rapport aux niveaux de fin 2025. Le coût : environ 10 billions de yens, soit environ 60 milliards de dollars, répartis sur huit ans.
Les grands dépensiers
NTT, le géant japonais des télécommunications, mène la charge nationale avec des projets visant une capacité totale de 2 GW d'ici l'exercice 2033. L'entreprise a réservé environ 1,5 billion de yens, soit environ 9 à 10 milliards de dollars, pour développer 1 GW de cette capacité.
Les capitaux étrangers affluent aux côtés des acteurs locaux. Blackstone s'est engagé à investir 30 milliards de dollars pour construire plus de 1 GW d'infrastructures de centres de données au Japon au cours des trois à cinq prochaines années. Microsoft a promis 10 milliards de dollars spécifiquement pour des centres de données dédiés à l'IA entre 2026 et 2029.
Peut-être le nouvel arrivant le plus intrigant est Mubadala, le fonds souverain d'Abu Dhabi, qui envisagerait un projet d'environ 1 billion de yens (environ 6,3 milliards de dollars) dans la préfecture d'Akita. Ce seul site viserait une capacité de 500 MW, une échelle qui en ferait l'un des plus grands projets de centre de données en Asie.
Pourquoi le Japon, et pourquoi maintenant
Le gouvernement japonais met activement en place un accueil chaleureux. La stratégie de croissance à long terme du pays vise à attirer plus de 370 billions de yens, soit environ 2,3 billions de dollars, en investissements publics et privés combinés d'ici l'exercice fiscal 2040. L'IA et les semi-conducteurs occupent la première place de cette liste de priorités.
La nouvelle vague d'installations se concentrera sur des charges informatiques IA à haute puissance capables de soutenir des centaines de mégawatts par site. Les opérateurs mettent également l'accent sur la technologie de refroidissement liquide et les sources d'énergie renouvelable, avec de nombreux projets ciblant des régions moins congestionnées où les terres et l'énergie sont plus accessibles. La préfecture d'Akita, où Mubadala envisage son vaste projet, correspond à ce profil : rurale, relativement peu coûteuse et éloignée de la congestion urbaine de Tokyo.
Le gouvernement japonais a souligné l'importance de gérer les données et les modèles d'IA sur le plan national, plutôt que de compter sur des infrastructures hébergées dans d'autres pays.
La question de l'énergie est particulièrement pertinente. Quadrupler la capacité des centres de données IA signifie quadrupler la consommation d'énergie, et le Japon fait déjà face à un marché énergétique contraint suite au retrait de l'énergie nucléaire après la catastrophe de Fukushima en 2011.
