Le Japon a officiellement adopté la reconnaissance des cryptomonnaies comme actif financier. Ce changement législatif marque un départ de la classification précédente en tant qu'« instrument de paiement » selon la loi sur les services de paiement (PSA), en transférant la supervision à la loi plus rigoureuse sur les instruments financiers et les échanges (FIEA).
Le changement ne se limite pas à une simple modification sémantique ; il s'agit d'une manœuvre stratégique du gouvernement japonais visant à intégrer les actifs numériques dans le système financier traditionnel. Cette transition vise à renforcer la protection des investisseurs, à favoriser l'entrée des institutions et à réformer de manière significative l'un des régimes d'imposition des crypto-monnaies les plus débattus au monde.
Actualités crypto au Japon : Un nouveau statut pour la crypto
Pour aborder le développement principal : oui, le cabinet japonais a approuvé le projet de loi visant à reclasser 105 cryptomonnaies, notamment $Bitcoin et $Ethereum, comme des actifs financiers. Ce projet de loi devrait être adopté par la Diète (le parlement japonais) au deuxième trimestre 2026, avec une mise en œuvre complète prévue au début de 2027.
De « Money » à « Investment »
Auparavant, le Japon considérait les crypto-monnaies comme une « valeur patrimoniale » principalement utilisée pour les paiements. Dans le nouveau cadre :
- Ancien statut (PSA) : Réglementé comme moyen de paiement, similaire aux cartes prépayées ou à l'argent électronique.
- Nouvel état (FIEA) : Régulé comme un instrument financier, le plaçant sur le même pied d’égalité juridique que les actions, les obligations et les dérivés.
Cette reclassification permet à des produits financiers plus sophistiqués, tels que des ETF spot sur bitcoin, de potentiellement obtenir une approbation sur le marché japonais.
La révolution fiscale : un taux fixe de 20 %
L'une des implications les plus importantes de ce projet de loi est la réforme tant attendue de la fiscalité des crypto-monnaies. Historiquement, le Japon était connu pour ses taux d'imposition « punitifs », où les gains en crypto-monnaies étaient considérés comme des revenus divers, soumis à des taux progressifs pouvant atteindre 55 %.
| Fonctionnalité | Système actuel (Revenus divers) | Nouveau système (actif financier) |
|---|---|---|
| Taux d'imposition | Progressif (jusqu'à 55 %) | Réduction fixe de 20 % |
| Report de perte | Not allowed | Report sur 3 ans |
| Séparation | Combiné avec le salaire | Imposition séparée |
En traitant les crypto-monnaies comme un actif financier, les investisseurs peuvent désormais déduire les pertes des gains sur une période de trois ans, une pratique courante dans les marchés actions et boursiers.
Expansion institutionnelle et des fonds de capital-risque
Le projet de loi codifie également les initiatives antérieures permettant aux sociétés de capital-risque japonaises de détenir et d'investir directement dans des crypto-actifs par le biais de sociétés en commandite (LPS). Auparavant, les capital-risqueurs japonais étaient limités aux participations actions, obligeant de nombreuses startups Web3 à chercher des financements auprès d'entités étrangères.
Ce changement, soutenu par le ministère de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie (METI), est une pierre angulaire de la politique du Premier ministre Fumio Kishida « Nouveau capitalisme », qui identifie Web3 comme un pilier de la croissance économique future du Japon.
Intégrité du marché et protection des investisseurs
En passant sous le cadre de la FIEA, les plateformes d'échange de crypto-monnaies au Japon seront désormais soumises à :
- Exigences de divulgation strictes : déclaration obligatoire pour tous les jetons listés.
- Interdictions de trading intérieur : Application des mêmes règles anti-manipulation trouvées sur le marché des actions.
- Séparation des actifs : Renforcement des exigences déjà solides pour le stockage des fonds utilisateurs en cold storage.


