La neuvième édition de la Global FinTech Festival en Inde s'est tenue à Mumbai du 8 au 11 septembre, avec la participation du Premier ministre indien Modi et de plusieurs hauts responsables de la régulation financière. L'événement a mis l'accent sur l'impact de l'IA agentive, de la tokenisation et des technologies quantiques sur le système financier.Auteur de l'article : Yang Chen
Source : Wall Street Journal
Au cours de la dernière décennie, l'Inde a transformé les flux de capitaux, son système de paiement en temps réel développé localement ayant modifié les habitudes de paiement de millions de personnes. Aujourd'hui, alors que l'intelligence artificielle redéfinit le secteur financier, l'Inde se prépare à accomplir un saut encore plus grand.
Du 8 au 11 septembre, le Festival annuel mondial de la fintech se tient à Mumbai, où le Premier ministre indien Modi prononcera le discours d'ouverture, et où participeront des hauts responsables tels que le ministre des Finances Nirmala Sitharaman, le gouverneur de la Banque d'Inde Sanjay Malhotra et le président de la Securities and Exchange Board of India Tuhin Kanta Pandey.
Les points principaux de la réunion se concentrent sur l'IA agente, la tokenisation et l'impact potentiel des technologies quantiques sur le système financier.
La tenue de cette conférence revêt une signification particulière. En août de cette année, l'Interface de paiement unifiée de l'Inde (UPI) a traité 24,51 milliards de transactions mensuelles, pour un montant total d'environ 29,82 billions de roupies (environ 315 milliards de dollars américains), devenant ainsi l'infrastructure centrale du système de paiement de détail en Inde.
Sous l'impulsion de la vague d'IA, la capacité de ce système à évoluer vers une plateforme financière intelligente dotée de capacités de prise de décision autonome devient un point focal d'intérêt pour l'industrie.
L'IA réinvente la finance, avec un potentiel particulièrement marqué en Inde
L'IA est déjà bien établie dans les institutions financières indiennes. Les principales banques utilisent des agents IA pour automatiser les opérations et le service client, tandis que les algorithmes sont largement appliqués à la surveillance des risques, à la détection de la fraude et à l'évaluation de la solvabilité des emprunteurs. À l'avenir, l'IA devrait s'étendre à des scénarios à plus haut niveau d'autonomie, tels que la représentation des consommateurs pour effectuer des paiements ou la personnalisation de produits financiers.
Vivek Iyer, partenaire chez Grant Thornton Bharat, a déclaré qu'une application plus large de l'IA dans les opérations et la gouvernance permettrait de réduire considérablement les coûts en améliorant l'efficacité.
La structure démographique offre à l'Inde un avantage supplémentaire. Plus de 65 % de la population indienne a moins de 35 ans, formant un vaste groupe de natifs numériques. Selon Rishi Chhabra, responsable de Visa en Inde :
Nous sommes très, très optimistes concernant le marché indien. L'Inde possède une population jeune en croissance constante, et l'adoption numérique connaît une transformation fondamentale, lui permettant de sauter des étapes dans les domaines commerciaux et des paiements.Jeu de régulation : encourager l'innovation tout en maîtrisant les risques
L'élargissement de l'autonomie de l'IA entraîne également de nouvelles expositions au risque — depuis les biais des modèles et les décisions erronées jusqu'aux cyberattaques, ainsi que les controverses sur la responsabilité en cas de paiements ou de décisions financières erronées prises par des agents IA.
Dans le monde entier, les autorités de régulation évaluent si les règles en vigueur s'appliquent aux systèmes financiers dont les algorithmes s'éloignent de plus en plus de la supervision humaine.
La Banque centrale de l'Inde a proposé un projet de cadre de régulation exigeant que les banques renforcent la supervision des risques liés à l'IA et à l'apprentissage automatique grâce à des politiques approuvées par le conseil d'administration, des mécanismes de contrôle interne plus robustes et une liste complète des modèles.
Il est rapporté que le gouverneur de la banque centrale, Malhotra, ainsi que les vice-gouverneurs Shirish Chandra Murmu et Rohit Jain clarifieront la position et la stratégie de la banque centrale face à ces défis lors de cette conférence.
Nitin Sharma, associé fondateur de l'investisseur en capital-risque Antler India, a souligné que le succès de l'UPI réside dans la résolution du problème de coordination — permettre à chaque banque, chaque application et chaque commerçant de « parler le même langage » ; l'introduction de l'IA imposera de nouvelles exigences de gouvernance à ce système.
Le modèle économique de l'UPI est douteux, sa durabilité reste à déterminer
Outre les questions liées à l'IA, cette conférence reviendra sur une question ancienne de plus en plus incontournable depuis l'émergence de l'UPI : qui paiera l'infrastructure derrière la prospérité des paiements en ligne en Inde ?
Depuis 2020, les transactions UPI sont exonérées de frais de remise marchande (MDR), ce qui réduit directement les revenus que les banques et les entreprises de paiement peuvent tirer de ces transactions. Actuellement, le gouvernement indien envisage de permettre la facturation de frais pour les transactions routées via UPI.
Cela signifie que la prochaine étape de la finance numérique en Inde doit résoudre deux défis simultanément : d'une part, rendre les systèmes de paiement et bancaire suffisamment intelligents pour qu'ils puissent prendre des décisions autonomes à un niveau plus élevé ; d'autre part, construire des modèles économiques durables autour de l'infrastructure qui sous-tend tout cela. Les deux sont complémentaires et indispensables.
