Huawei vient juste d'annoncer au monde qu'elle avait trouvé une contournement. Et le marché y a cru.
Les actions chinoises de semi-conducteurs ont fortement progressé à Hong Kong et à Shanghai après que Huawei ait dévoilé ce qu'elle qualifie de percée fondamentale en conception de puces, une avancée qui pourrait permettre à l'entreprise d'atteindre des performances équivalentes à des processus de 1,4 nanomètre d'ici 2031, sans avoir recours aux équipements de lithographie avancée rendus inaccessibles par les sanctions américaines.
Ce que Huawei a réellement annoncé
Lors d'un symposium de l'IEEE à Shanghai le 25 mai, le président des semi-conducteurs de Huawei, He Tingbo, a présenté deux concepts : une architecture appelée « LogicFolding » et un principe nommé la « Loi de mise à l'échelle Tau ». L'idée centrale est que vous n'avez pas nécessairement besoin de réduire les transistors pour rendre les puces plus rapides et plus efficaces. Au contraire, des optimisations systémiques à travers toute la conception de la puce peuvent apporter des gains comparables.
L'entreprise affirme avoir déjà produit en série 381 puces basées sur la loi de mise à l'échelle Tau au cours des six dernières années. Ce n'est pas un article théorique ni une démonstration en laboratoire. C'est du silicium de production, si les chiffres sont vérifiés.
Huawei a également confirmé que ses puces mobiles Kirin, intégrant la nouvelle architecture LogicFolding, seront lancées cet automne. La gamme Kirin alimente déjà les smartphones phares de Huawei, ce qui représenterait une application directe destinée aux consommateurs de cette technologie.
La réaction du marché
Les investisseurs n'ont pas eu besoin d'être invités deux fois. SMIC, le plus grand fabricant sous contrat de puces en Chine et partenaire de fabrication clé pour Huawei, a vu ses actions grimper de plus de 17 % à Shanghai suite à l'annonce.
Le contexte des sanctions
Les États-Unis ont systématiquement renforcé les contrôles à l'exportation de technologies de semi-conducteurs avancées vers la Chine, ciblant tout, des machines de lithographie ultraviolette extrême d'ASML aux processeurs IA haute performance de Nvidia.
Ces restrictions ont créé une réelle souffrance. Des entreprises chinoises comme DeepSeek et ByteDance ont eu du mal à acquérir les puces Nvidia haut de gamme dont elles ont besoin pour les charges de travail d'entraînement en IA.
La série Ascend de puces IA d’Huawei représente déjà la meilleure alternative nationale chinoise aux GPU de centre de données de Nvidia. Si LogicFolding tient ses promesses, elle pourrait réduire significativement le déficit de performance sans nécessiter l’accès aux outils de fabrication étrangers les plus avancés.
Ce que cela signifie pour les investisseurs
L'objectif de 1,4 nm est fixé à 2031, soit dans cinq ans. Les capacités de production les plus avancées de SMIC sont encore en retard de plusieurs générations de procédés par rapport aux leaders du secteur comme TSMC.
Pour les investisseurs qui suivent l'intersection entre le matériel IA et la géopolitique, le lancement du puce Kirin cet automne sera le premier véritable indicateur. Si Huawei peut démontrer des gains de performance mesurables dans un produit grand public utilisant cette architecture, le récit passera de l'aspiration à la preuve.
