L’Europe vient de demander à Palantir de commencer à faire ses valises. L’agence française de renseignement intérieur, la DGSI, a annoncé en juin 2026 qu’elle passerait à ArgonOS, un système développé par l’entreprise française ChapsVision, en lieu et place des plateformes Palantir. L’agence de renseignement allemande BfV a pris la même décision. Et la Bundeswehr, les forces armées allemandes, est allée plus loin en excluant explicitement Palantir des futurs appels d’offres pour le cloud de défense.
Le jeu de souveraineté
Le 17 juillet 2026, la France et l'Allemagne ont publié une déclaration commune s'engageant à construire ce qu'elles appellent un « squelette numérique souverain européen ». Cette initiative repose sur la sécurité des données, l'intelligence artificielle et les capacités cloud, toutes développées et contrôlées en Europe.
La déclaration promeut spécifiquement la plateforme Arcadia, un système de commandement et de contrôle militaire développé en France et conçu pour concurrencer directement le logiciel Maven de Palantir.
Le bénéficiaire ici est ChapsVision, une entreprise française relativement jeune fondée en 2019, qui a déclaré un chiffre d'affaires d'environ 200 millions d'euros pour 2025.
Ce que Palantir perd
La transition de la DGSI vers ChapsVision devrait prendre plusieurs années, ce qui donne une idée de la profondeur de l'intégration des systèmes de Palantir. Le BfV allemand a choisi ChapsVision. La Bundeswehr a exclu Palantir de toute participation aux appels d'offres pour le cloud de défense. Un commandant de l'OTAN a récemment reconnu le manque d'alternatives européennes matures aux offres de Palantir, ce qui est notable car cela signifie que les gouvernements européens effectuent ce changement même avant que les remplaçants ne soient pleinement éprouvés.
Ce que cela signifie pour les investisseurs
Les budgets de défense européens ont augmenté rapidement, et perdre l'accès à ce pool de dépenses en croissance représente un impact négatif significatif pour Palantir. ChapsVision, avec un chiffre d'affaires de 200 millions d'euros en 2025 et le soutien de deux gouvernements européens majeurs, se positionne comme une alternative souveraine dont la valeur stratégique pourrait dépasser ses chiffres financiers actuels.
