Le gouverneur de la Réserve fédérale Christopher Waller souhaite que ses collègues prennent une pause avant de réactiver le levier des hausses de taux. Lors de ses propos du 3 septembre, Waller a indiqué qu'il est enclin à maintenir le taux des fonds fédéraux à son niveau actuel, entre 3,5 % et 3,75 %, lors de la prochaine réunion du FOMC, estimant que les données récentes sur l'inflation méritent d'être observées avant toute réaction des décideurs.
Son message principal était franc : « Donnez une chance à la désinflation. Nous pouvons attendre une réunion. »
Les chiffres derrière la patience
La position de Waller en faveur de la stabilité repose sur un indicateur véritablement encourageant. Le taux d'inflation sous-jacente sur trois mois est passé de 4,76 % en février à 3,05 % en juillet. Cela reste bien au-dessus de l'objectif de la Fed à 2 %, mais la tendance évolue dans la bonne direction.
Il a qualifié la tendance à la baisse de « encourageante ». Waller a également avancé un argument pratique contre une hausse : une seule augmentation de 25 points de base n’aurait qu’un effet limité pour rapprocher significativement l’IPC de l’objectif. La politique monétaire actuelle, selon son propre analyse, est seulement légèrement restrictive, ce qui signifie que le niveau des taux actuel agit déjà sur l’inflation.
Un champ crowded de risques
Les remarques de Waller n'ont pas eu lieu dans un vide. Les tarifs mis en œuvre en 2025 continuent de répercuter leurs effets sur les chaînes d'approvisionnement et les prix à la consommation. Les coûts énergétiques élevés liés aux conflits militaires en cours au Moyen-Orient maintiennent les prix des intrants stubbornement élevés dans les secteurs clés. Et puis il y a le facteur imprévisible : la demande stimulée par l'IA crée de nouvelles dynamiques de prix que les économistes tentent encore de comprendre pleinement.
Cela dit, Waller n'excluait rien. Il a clairement indiqué que si les prochaines données sur l'inflation s'avèrent décevantes, une réévaluation de la position politique actuelle serait envisagée. Il a prévenu précédemment qu'une inflation sous-jacente durablement élevée pourrait nécessiter une politique plus restrictive.
Où se situe Waller sur le spectre
La position de Waller représente une évolution notable dans sa propre réflexion. Il a entamé 2026 avec une perspective relativement dovish, en s'attendant à ce que l'inflation se calme plus rapidement qu'elle ne l'a fait. Lorsque cela ne s'est pas produit, il a adopté une position plus dépendante des données.
Cela le place à une distance intéressante du président Kevin Warsh, qui aurait tendance à adopter une position plus agressive sur les taux. L'argument de Waller est essentiellement temporel : un mois supplémentaire de données ne coûtera pas à la Réserve fédérale sa crédibilité, mais agir prématurément sur des informations incomplètes pourrait le faire.
Quels marchés sont observés
Pour les investisseurs, la position de Waller offre un répit à court terme face à l'anxiété liée aux hausses de taux. Maintenir les taux stables entre 3,5 % et 3,75 % permet aux actifs à risque, y compris les actions, de respirer. Si la prochaine série de données sur l'inflation confirme la tendance à la baisse sur laquelle Waller compte, les arguments en faveur d'une prolongation de cette stagnation se renforcent considérablement. Si les chiffres remontent vers le niveau de février, soit 4,76 %, la discussion bascule rapidement vers un resserrement.
