L'Union européenne met 10 milliards d'euros sur la table pour financer sept gigafactories d'IA. Ce plan repose sur une approche en deux niveaux pour l'infrastructure IA : quatre installations plus petites et trois plus grandes, réparties à travers l'ensemble de l'Union.
Comment le plan a évolué
Les origines de cette initiative remontent à deux programmes chevauchants. Le premier est l'Entreprise commune EuroHPC, qui avait déjà réservé 10 milliards d'euros pour les « AI Factories », un terme utilisé par Bruxelles pour désigner des centres de calcul haute performance optimisés pour les charges de travail IA. Sept de ces AI Factories à plus petite échelle ont été sélectionnées en décembre 2024, chacune conçue pour déployer jusqu'à 25 000 puces équivalentes H100. Ces installations devraient entrer en service d'ici 2026.
Ensuite est venu le plan InvestAI, annoncé lors du Sommet sur l'action pour l'IA en février 2025. Cette initiative visait à mobiliser 20 milliards d'euros de financement public-privé pour jusqu'à cinq grandes gigafabriques d'IA. Mi-2026, ces deux voies ont été fusionnées dans la structure actuelle de sept installations. Les allocations de subventions s'élèvent à environ 100 millions d'euros pour les petits hubs et 200 millions d'euros pour les plus grands, le reste étant attendu des investissements privés et des contributions des États membres.
L'écart que l'Europe tente de combler
L'Europe possède exactement un laboratoire d'IA frontalière qui est mentionné dans les conversations sérieuses : Mistral, la startup française qui a levé des milliards mais qui opère encore à une fraction de l'échelle d'OpenAI ou d'Anthropic.
L'intérêt du secteur privé a été inégal. Un consortium français appelé AION aurait soumis une offre évaluée à environ 10 milliards de dollars, ce qui aurait constitué un ancrage significatif pour le programme. Toutefois, l'enthousiasme aurait diminué en raison des retards dans les délais d'appel d'offres et de construction, qui ont désormais été repoussés à 2026 et au-delà.
Ce que cela signifie pour les investisseurs
Aucun engagement concret de 10 milliards d’euros n’a été confirmé spécifiquement pour ces sept gigafactories en tant que ligne budgétaire unifiée. Le financement est réparti sur plusieurs programmes, cycles budgétaires et structures public-privé, chacun ayant ses propres processus d’approbation et dynamiques politiques.
Le prochain grand cycle budgétaire de l’UE entrera en vigueur vers 2028, ce qui déterminera probablement si le programme de gigafabriques obtiendra le financement soutenu dont il a besoin. Les investisseurs doivent surveiller deux signaux : si le co-investissement privé se concrétise à l’échelle que Bruxelles espère, et si l’un des sites attire des locataires principaux dotés d’ambitions réelles en matière d’IA de pointe.
