L'Agence européenne de la cybersécurité, connue sous le nom d'ENISA, est devenue le premier organisme de l'UE à accéder au modèle d'IA Mythos d'Anthropic. Les tests ont commencé le 10 septembre 2026, après des mois de négociations compliquées par les contrôles à l'exportation américains sur les technologies d'IA avancées.
L'accord d'accès positionne l'autorité européenne principale en matière de cybersécurité pour évaluer ce qu'Anthropic décrit comme un système d'IA orienté défensivement, qui a déjà démontré certaines capacités surprenantes lors de phases de test antérieures avec d'autres partenaires.
Ce que fait réellement Mythos
Mythos est principalement conçu pour des applications de cybersécurité défensive. Lors des tests préliminaires, le modèle a identifié de manière autonome plus de 10 000 vulnérabilités zero-day. Les zero-day sont des failles logicielles que les fournisseurs ne connaissent pas encore, des faiblesses que les hackers d'États et les groupes criminels paient des millions pour exploiter.
Le modèle aurait également atteint des taux de réussite dépassant 83 % pour générer des exploits efficaces dès la première tentative. C’est un progrès significatif par rapport aux modèles précédents comme Opus 4.6.
L'arrangement ENISA est issu du projet Glasswing, le programme de déploiement structuré d'Anthropic pour l'accès à Mythos. Ce projet a été lancé en avril 2026 avec environ 50 organisations, la plupart basées aux États-Unis. D'ici juin, la liste des partenaires s'était étoffée de 150 organisations supplémentaires réparties dans plus de 15 pays.
Pourquoi l'accord avec l'UE est important
Les négociations entre Anthropic et l'ENISA auraient commencé début juin 2026, mais le chemin vers les tests réels n'a pas été simple. Les contrôles à l'exportation américains sur les technologies d'IA sophistiquées ont créé des tensions.
Project Glasswing incluait déjà des partenaires de France, d'Allemagne et d'Italie, ainsi que l'OTAN. Ajouter l'agence européenne dédiée à la cybersécurité à cette liste confère à la collaboration un ancrage institutionnel qu'elle n'avait pas précédemment.
L'empreinte croissante d'Anthropic
L'accord avec l'ENISA intervient alors qu'Anthropic a déposé une demande de CTO suite à un cycle de financement massif de 65 milliards de dollars qui a poussé sa valorisation vers les 1 000 milliards de dollars.
La croissance rapide de Project Glasswing, passant de 50 à plus de 200 partenaires en quelques mois, suggère une forte demande pour des capacités de niveau Mythos, particulièrement parmi les entités chargées de défendre des systèmes critiques.
