Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne se réunit cette semaine à Berlin pour une réunion de deux jours qui pourrait redéfinir la trajectoire de la politique monétaire pour l'ensemble de la zone euro. Organisée par la Deutsche Bundesbank, la session du 9 au 10 septembre intervient à un moment délicat : l'inflation repart à la hausse, mais l'économie vient tout juste de retrouver ses appuis.
Le président de la BCE Christine Lagarde et le vice-président Boris Vujčić sont prévus pour tenir une conférence de presse le 10 septembre, où ils exposeront la réflexion du conseil.
Les chiffres qui racontent l'histoire
L'inflation globale de la zone euro a atteint 3,3 % en glissement annuel en août 2026, contre 2,9 % en juillet. C'est une hausse significative, et elle va dans la mauvaise direction pour une banque centrale qui cherche à ramener les prix vers son objectif de 2 %.
La hausse des prix de l'énergie et les tensions géopolitiques au Moyen-Orient se répercutent sur les coûts pour les consommateurs.
Le PIB a augmenté de 0,6 % trimestre sur trimestre au T2 2026, ce qui suggère que l'économie de la zone euro ne se contente pas de survivre, mais gagne en élan.
Les taux d'intérêt clés de la BCE sont actuellement à 2,25 % pour les facilités de dépôt, 2,40 % pour les opérations principales de refinancement et 2,65 % pour le prêt marginal. Ces niveaux reflètent une série de baisses mises en œuvre par la BCE pendant le ralentissement économique, et la question actuelle est de savoir si cette tendance va s'inverser.
Certains analystes prévoient une hausse de 25 points de base à cette réunion.
Pourquoi Berlin, et pourquoi cela compte
La BCE organise périodiquement ses réunions du conseil des gouverneurs en dehors de son siège à Francfort, en effectuant un tour des capitales de la zone euro. La dernière session externe a eu lieu à Florence en octobre 2025.
Le Conseil des gouverneurs se réunit environ toutes les six semaines, chaque réunion se concluant par une conférence de presse où les raisonnements derrière les décisions sont expliqués.
La BCE a répété à plusieurs reprises son approche dépendante des données, refusant de s'engager sur une trajectoire prédéterminée des taux d'intérêt.
