La République démocratique du Congo vient de prendre une mesure significative dans son effort de longue date visant à capter davantage de valeur à partir de ses ressources. À compter du 29 juin 2026, la RDC a émis un décret gouvernemental interdisant l'exportation de concentrés de cuivre et de cobalt, l'annonce ayant été rendue publique le 6 août 2026.
Les marchés du cuivre ont réagi immédiatement. Les prix sur la London Metal Exchange ont augmenté de 1,8 %, atteignant 14 369,50 $ la tonne, le niveau le plus élevé depuis janvier 2026.
Ce que l'interdiction couvre réellement
Au T1 2026, le pays a exporté 696 725 tonnes de cathodes de cuivre raffiné contre seulement 53 926 tonnes de concentrés. Ce écart signifie que la perturbation de l'offre à court terme due à cette interdiction est limitée, du moins sur le papier.
Néanmoins, certaines opérations font face à une exposition réelle. Kamoa-Kakula, l’un des projets de cuivre les plus importants de la RDC, a exporté des concentrés dans le cadre d’exemptions précédentes. Ces accords sont désormais sous pression.
Des dispenses d'un an sont disponibles cas par cas dans le cadre du nouveau cadre. L'ordonnance introduit également de nouvelles règles fiscales couvrant les sous-produits de l'extraction, renforçant ainsi l'environnement réglementaire autour de l'extraction en général.
Ce n'est pas la première tentative de la RDC à ce sujet
La RDC a déjà emprunté cette voie auparavant. Des restrictions à l'exportation ciblées ont été mises en œuvre en 2013, 2019 et 2023, ce qui en fait la quatrième itération de la même orientation politique générale. Le pays a également imposé une suspension totale de l'exportation de cobalt de février à octobre 2025, qui a ensuite été transformée en quotas annuels. Le quota de cobalt pour 2026-2027 s'élève à 96 600 tonnes.
Le parallèle le plus clair en dehors du continent est l'approche de l'Indonésie concernant le nickel. Jakarta a mis en œuvre des interdictions d'exportation de minerai de nickel spécifiquement pour obliger les investissements en aval dans le traitement domestique, et cela a fonctionné, attirant la construction de fonderies et des partenariats manufacturiers.
La RDC représente plus de 70 % de la production mondiale de cobalt et est le plus grand producteur africain de cuivre.
Pourquoi les investisseurs en crypto et en matériel doivent prêter attention
Le cuivre est un composant essentiel des ASIC et des GPU, les équipements qui alimentent le minage de bitcoin ainsi que l'infrastructure informatique plus large. Le cobalt est essentiel aux batteries lithium-ion, qui assurent la sauvegarde des centres de données et alimentent de plus en plus les systèmes de stockage d'énergie sur lesquels les opérations de minage s'appuient.
Aucun des deux métaux ne possède de jeton crypto directement lié à cette politique, et aucun actif numérique spécifique n'a été déplacé en réponse directe à l'annonce. Toutefois, la structure des coûts pour le matériel de minage est sensible aux prix des métaux.
Les investisseurs exposés à des actions minières provenant de la RDC doivent surveiller quelles entreprises détiennent des dérogations à l'exportation de concentrés, la durée de ces dérogations, et si Kamoa-Kakula et des opérations similaires peuvent passer à un raffinage domestique à grande échelle.
