Citadel Securities avertit que les rachats d'obligations du Trésor risquent d'entraîner une inflation et une faiblesse du dollar

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Citadel Securities avertit que les rachats d'obligations du Trésor américain risquent d'entraîner une inflation et une dépréciation du dollar, en citant la répression financière. L'entreprise affirme que cette politique transfère la pression budgétaire vers des prix plus élevés et une devise plus faible. Le plafond de rachat pour les obligations de 10 à 30 ans permet désormais un volume supplémentaire de 14 milliards de dollars jusqu'au 4 novembre. Les traders doivent évaluer le rapport risque-récompense, car les niveaux de support et de résistance sur les marchés des obligations pourraient évoluer.

Citadel Securities, l'une des plus grandes sociétés de market-making au monde, vient de lancer une grenade sur le plan du Département du Trésor. Dans une note à ses clients rédigée par Nohshad Shah, l'entreprise qualifie le programme élargi de rachat d'obligations du gouvernement de forme de « répression financière », avertissant qu'il pourrait affaiblir le dollar et intensifier les pressions inflationnistes au moment précis où ce n'est pas le plus opportun.

La critique s'intensifie alors que le secrétaire au Trésor Scott Bessent renforce une stratégie qui ressemble de plus en plus à une haute voltige : racheter des obligations à long terme pour réprimer les rendements tout en finançant ces achats par des dettes à court terme.

Ce que le Trésor fait réellement

Le Trésor a doublé le plafond des rachats de soutien à la liquidité pour les titres de 10 à 30 ans, passant de 2 milliards de dollars à au moins 4 milliards de dollars par opération, une politique en vigueur jusqu'au 4 novembre. Ce changement pourrait permettre un volume supplémentaire de rachats d'environ 14 milliards de dollars.

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La stratégie ressemble à ce que les experts du marché obligataire appellent une « Operation Twist », une technique mise en œuvre par la Réserve fédérale en 2011 pour faire baisser les taux à long terme en vendant des titres à court terme et en achetant des titres à plus longue échéance. Sauf que cette fois-ci, c’est le Trésor qui est aux commandes, et non la Fed.

La note de Citadel décrit le programme comme « neutre en liquidité et réducteur de durée ». Traduction : le gouvernement ne crée pas de nouvel argent ni ne réduit sa dette totale. Il échange simplement des obligations à long terme contre des obligations à plus courte échéance, ce qui comprime les rendements sur la partie longue de la courbe.

Il y a une raison pour laquelle le Trésor s'est senti obligé d'agir. Le rendement des obligations à 30 ans a récemment grimpé près de 5,3 %, un niveau non vu depuis 2007.

Le dollar subit un coup

Suite à l'annonce de rachat, le dollar a baissé de près de 0,8 %, un mouvement significatif en une seule journée pour la monnaie de réserve mondiale. Les prix de l'or ont bondi en tandem, ce classique placement refuge que les investisseurs adoptent lorsqu'ils sentent une dépréciation monétaire.

Lorsque le Trésor supprime artificiellement les rendements à long terme, il réduit l'attractivité de la détention d'obligations libellées en dollars pour les investisseurs étrangers. Les capitaux se dirigent ailleurs, le dollar s'affaiblit et les biens importés deviennent plus chers pour les consommateurs américains.

Répression financière sous un autre nom

Le terme « répression financière » a une signification spécifique en économie. Il décrit les politiques gouvernementales qui orientent les fonds vers le souverain à des taux inférieurs aux taux du marché, forçant ainsi les épargnants et les investisseurs à subventionner l’emprunt public. C’était la stratégie utilisée par de nombreux pays pour réduire les ratios dette/PIB après la Seconde Guerre mondiale, en maintenant les taux d’intérêt artificiellement bas tout en permettant à l’inflation d’éroder progressivement la valeur réelle de la dette en cours.

L'utilisation de ce langage par Citadel est délibérée et ciblée. L'entreprise soutient essentiellement que l'élargissement des rachats de la Trésorerie joue une fonction similaire : maintenir artificiellement les coûts d'emprunt à long terme à un niveau bas, tandis que le véritable ajustement se produit via un dollar moins cher et des prix plus élevés. L'analyse de Citadel suggère que le programme de rachats masque les déficits budgétaires, en partie causés par des dépenses importantes liées aux initiatives d'IA et un marché du travail qui n'a pas généré suffisamment de recettes fiscales pour combler l'écart.

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