Le président Trump a lancé une attaque contre le secteur des entreprises canadiennes le 9 septembre, en publiant sur Truth Social qu'il souhaite supprimer les produits d'origine canadienne des Multiple Award Schedules de la General Services Administration des États-Unis. Ces programmes constituent la colonne vertébrale de l'achat public fédéral, facilitant plus de 50 milliards de dollars d'achats gouvernementaux annuels. Les actions canadiennes exposées au gouvernement américain ont immédiatement fait ce que font les actions lorsqu'on menace de couper un flux de revenus majeur : elles ont chuté.
Les actions de CGI Inc., WSP Global, AtkinsRealis, Stantec et Aecon Group ont toutes chuté de plus de 2 % au début des échanges. Bombardier a été plus durement touchée, plongeant de 7 à 8 % à environ 293,49 $CA après l'émergence de menaces séparées visant à bloquer ses ventes d'aéronefs sur le marché américain.
Ce que Trump a réellement ordonné
La directive cible spécifiquement la suppression des « produits d'origine canadienne » du cadre d'achat de la GSA. Trump a présenté cette mesure comme une réponse aux prétendus échecs des gouvernements canadiens à offrir un accès réciproque aux entreprises américaines dans leurs propres processus d'achat.
Le calendrier est délibéré. Le Canada a imposé des droits de douane réciproques sur environ 20 milliards de dollars américains de biens américains vers le 8 septembre, un jour avant l'annonce de Trump. Les États-Unis préparent également des interdictions d'importation sur certains produits canadiens, notamment l'alcool et les produits laitiers, qui entreront en vigueur le 29 septembre.
Qui est le plus touché
Parmi les entreprises qui ont subi des pertes, CGI se distingue comme particulièrement exposée. L'analyste Doug Taylor estime que les revenus provenant du gouvernement américain représentent 15 à 20 % du chiffre d'affaires total de CGI.
La situation de Bombardier est légèrement différente. Le déclin du constructeur aéronautique a été provoqué par la menace plus large de bloquer ses ventes d'avions aux États-Unis, et non uniquement par la directive de la GSA. Une baisse de 8 % en une seule journée pour une entreprise cotée à environ 300 $CA par action reflète une véritable inquiétude des investisseurs quant à la possibilité de perdre l'accès au plus grand marché mondial de l'aviation d'affaires.
Le problème d'ambiguïté
L’un des aspects les plus inquiétants de la directive est la façon dont elle définit de manière vague les « produits d’origine canadienne ». Les analystes ont souligné cette ambiguïté comme une source majeure d’incertitude. Un platform logiciel développé à Montréal mais hébergé sur des serveurs américains compte-t-il ? Et une entreprise d’ingénierie dont le siège social est à Toronto mais qui emploie des ingénieurs américains travaillant depuis un bureau en Virginie ?
Les secteurs les plus exposés semblent être les services informatiques, le génie et la construction, tous des domaines où les entreprises canadiennes ont développé des activités importantes auprès du gouvernement fédéral américain. La variable clé à surveiller est de savoir si la directive se traduira par des changements réels dans les achats ou restera un outil de négociation dans un différend commercial que aucune des deux parties ne semble désireuse de résoudre discrètement.
