Le Canada a proposé une interdiction fédérale des dons politiques en crypto-monnaies dans le cadre d'un projet de loi plus large sur la sécurité électorale, après que des responsables aient averti contre les interférences étrangères et les canaux de financement difficiles à tracer. Le projet de loi C 25, introduit le 26 mars, interdirait aux acteurs politiques et aux tiers d'accepter des contributions effectuées en actifs crypto, en mandats-poste ou en produits de paiement prépayés. Le projet de loi n'a pas encore été adopté.
Le projet de loi C 25 cible les dons en crypto-monnaies
La proposition est incluse dans la Loi sur des élections fortes et libres, un projet de loi que le gouvernement affirme viser à renforcer les règles électorales fédérales du Canada face aux menaces évolutives. Ottawa l’a présentée dans le cadre d’un ensemble plus vaste destiné à protéger la démocratie et à renforcer les règles de financement politique.
Le texte stipule que les tiers ne seraient pas autorisés à accepter des contributions pour des activités partisanes, de la publicité électorale ou des sondages électoraux si la contribution est sous forme d'un cryptoactif. Il définit un cryptoactif comme un actif numérique protégé par des mesures cryptographiques. La même interdiction s'appliquerait également aux mandats-poste et aux produits de paiement prépayés.
Les restrictions s'appliqueraient également aux partis enregistrés, aux associations de circonscription, aux candidats, aux candidats à la nomination et aux candidats à la direction. Aux termes du projet de loi, leurs agents financiers ou agents officiels ne pourraient pas non plus accepter des contributions sous ces formes. Cela signifie que l'interdiction proposée s'étend à une grande partie du système politique fédéral canadien, et non seulement aux groupes de défense externes.
Les craintes d'interférence ont façonné la proposition
Le gouvernement a lié le projet de loi aux préoccupations concernant l'intégrité des élections et les interférences étrangères. Dans son communiqué du 26 mars, Ottawa a déclaré que ces modifications répondent aux recommandations de l'Enquête publique sur les interférences étrangères, du directeur général des élections et du commissaire aux élections du Canada.
Ce lien apparaît plus directement dans les recommandations mêmes de Elections Canada’s. Dans un document du 11 février sur les menaces pesant sur le processus électoral, le directeur général des élections, Stéphane Perrault, a appelé à interdire les contributions effectuées en cryptomonnaie ou d'autres instruments non traçables. Cette recommandation s'inscrit dans un effort plus large visant à combler les failles pouvant être utilisées pour dissimuler l'origine des fonds politiques.
Le projet de loi inclut également une règle de remboursement. Si un tiers ou une entité politique reçoit l'une des contributions interdites, il aura 30 jours à compter du moment où il en prend connaissance pour le rembourser ou s'en débarrasser conformément aux dispositions du projet de loi. Pour l'instant, cette mesure reste une proposition et doit être adoptée par le Parlement avant de devenir loi.
