Le Canada riposte. Le Premier ministre Mark Carney a avancé des contre-droits de douane sur les importations américaines, qualifiant ces mesures d'essentielles pour protéger les entreprises et les travailleurs canadiens pris dans la tourmente d'une guerre commerciale qui s'intensifie avec les États-Unis.
Les droits de rétorsion, entrés en vigueur le 8 septembre 2026, concernent entre 20 et 28 milliards de dollars de produits américains. Les taux varient de 15 % à 50 %, ciblant des produits tels que l'acier, les produits laitiers et l'électronique. Cette mesure intervient après l'entrée en vigueur de tarifs américains allant jusqu'à 50 % sur environ 20 milliards de dollars de produits canadiens, suivant l'échec des négociations commerciales le 21 août.
Ce que le Canada fait réellement
« Nos tarifs sont nécessaires pour protéger nos travailleurs, nos entreprises et nos communautés », a déclaré Carney.
Carney a déclaré que les récentes négociations avec les États-Unis avaient été déroutées par des exigences « injustes » et « non économiques » de l'administration Trump.
Le gouvernement canadien a également lancé ou élargi des programmes d'aide pour les entreprises nationales touchées par les deux ensembles de tarifs.
Les économistes estiment que l'impact à court terme sur le PIB du Canada pourrait se situer entre 0,2 % et 0,8 %.
Comment nous en sommes arrivés là
Carney est Premier ministre depuis mars 2025, après avoir succédé à Justin Trudeau en remportant la direction du Parti libéral et les élections suivantes. Son expérience en tant qu'ancien banquier central, ayant dirigé à la fois la Banque du Canada et la Banque d'Angleterre, lui confère une crédibilité inhabituelle en matière de politique économique.
La décision du Canada reflète également un pivot stratégique plus vaste. Le différend commercial a poussé Ottawa à chercher activement à diversifier ses partenaires commerciaux. Lorsque votre plus grand partenaire commercial représente environ trois quarts de vos exportations, la diversification n'est plus une stratégie, mais un instinct de survie dès que cette relation devient hostile.
Ce que cela signifie pour les entreprises des deux côtés
Pour les entreprises canadiennes qui dépendent des intrants américains, les contre-droits créent des pressions coûts immédiates. Un fabricant en Ontario qui achète de l'acier américain fait désormais face à des tarifs pouvant augmenter les coûts des matières premières de 25 % à 50 %.
Les principaux médias ont systématiquement présenté la réponse tarifaire du Canada comme proportionnée plutôt qu'escalatoire.
Pour les investisseurs qui suivent la situation, la variable clé est la durée. L'estimation de l'impact sur le PIB du Canada, compris entre 0,2 % et 0,8 %, suppose un calendrier relativement limité. Si les tarifs restent en vigueur jusqu'à la fin de 2026, ces chiffres pourraient considérablement s'aggraver.
