Anthropic, l'entreprise derrière la famille de modèles d'IA Claude, a déposé confidentiellement ses documents S-1 auprès de la SEC américaine le 1er juin 2026. La valorisation attendue ? Jusqu'à 2 billions de dollars, ce qui en ferait l'une des plus grandes introductions en bourse de l'histoire du marché.
Pour mettre ce chiffre en perspective, il dépasserait la valorisation récemment établie de SpaceX, d'environ 1,8 billion de dollars.
Les chiffres derrière le dépôt
Le prospectus public d'Anthropic devrait être publié à la fin septembre 2026, avec des efforts de marketing pour l'IPO qui démarreront mi-octobre. L'entreprise a réuni un groupe d'investissements de premier plan de Wall Street pour encadrer l'opération : Morgan Stanley, Goldman Sachs, JPMorgan et Citi sont tous impliqués.
Anthropic a bouclé un tour de financement Série H de 65 milliards de dollars en mai 2026, portant sa valorisation post-financement à environ 965 milliards de dollars. Le taux de revenu annuel de l'entreprise s'élevait à environ 47 milliards de dollars en mai 2026, avec des prévisions pour le T2 dépassant 10,9 milliards de dollars. Les prévisions des investisseurs estiment un revenu annuel de 100 à 120 milliards de dollars pour l'année complète 2026, atteignant 190 à 200 milliards de dollars d'ici 2028.
Parallèlement aux préparatifs de l'OPI, Anthropic obtient également un cadre de crédit renouvelable de 15 milliards de dollars auprès du même consortium de grandes banques.
Choix structurels et contrôle du fondateur
L'offre peut inclure des ventes d'actions internes et des périodes de verrouillage prolongées. Plus notable est l'utilisation potentielle d'actions à droit de vote supérieur, un mécanisme qui concentrerait le pouvoir décisionnel entre les mains de la direction même après la cotation en bourse.
Le PDG Dario Amodei détiendrait environ 2 % de l'entreprise.
Effets en cascade à travers le secteur de l'IA
OpenAI, le rival le plus direct d'Anthropic, aurait envisagé de reporter son propre IPO à 2027. Le document d'origine indique que le dépôt d'Anthropic « pousse d'autres entreprises à finaliser leurs opérations en premier », suggérant une logique de course aux territoires parmi les acteurs plus petits qui souhaitent figer leurs valorisations avant qu'Anthropic n'absorbe une part massive de l'attention et du capital des investisseurs.
