L’intelligence artificielle a officiellement franchi un seuil que les experts en sécurité prévenaient depuis des années. Selon une nouvelle évaluation de l’INTERPOL, plus de la moitié de tous les cybercrimes signalés en Afrique impliquent désormais l’IA d’une manière ou d’une autre, illustrant de manière alarmante la rapidité avec laquelle cette technologie a été weaponisée.
Le rapport d'évaluation des cybermenaces africaines de l'INTERPOL 2026, publié le 3 août, a révélé que l'IA est impliquée dans 55 % des incidents cybernétiques signalés sur le continent. Les dommages financiers ont été considérables : les pertes ont bondi de 192 millions de dollars en 2024 à 484 millions de dollars, plus que doublant en seulement deux ans.
L'industrialisation de la cybercriminalité
Le rapport met en évidence trois vecteurs principaux à l'origine de cette hausse : les arnaques liées à l'IA, la collecte d'identifiants et l'ingénierie sociale automatisée.
Les arnaques en ligne restent les infractions les plus fréquemment signalées, les technologies d'IA comme les identités synthétiques et les deepfakes les rendant considérablement plus convaincantes.
Peut-être le plus alarmant, 72 % des pays interrogés ont signalé l'existence de centres de fraude organisés. Ces opérations sont concentrées en Afrique australe et occidentale, ce qui suggère que le problème n'est pas seulement répandu, mais aussi géographiquement ancré.
La réponse d'INTERPOL et le défi de l'application de la loi
Des opérations coordonnées en 2025, incluant des efforts codés Serengeti 2.0 et Contender 3.0, ont conduit à plus de 1 500 arrestations et à la récupération de plus de 100 millions de dollars en actifs.
Récupérer 100 millions de dollars sur 484 millions de pertes signifie que les autorités récupèrent environ 20 cents pour chaque dollar perdu.
L'INTERPOL a établi un partenariat avec des acteurs du secteur privé, notamment Fortinet et Mastercard, pour renforcer ses capacités.
Ce que cela signifie pour les investisseurs et le marché dans son ensemble
Le rapport ne mentionne pas les cryptomonnaies ni les technologies blockchain. Le fait que la vague de cybercriminalité en Afrique semble s'appuyer sur des canaux financiers plus traditionnels suggère que le paysage des menaces est plus vaste que toute technologie de paiement unique.
Le marché de la cybersécurité en Afrique a historiquement été sous-financé par rapport au niveau des menaces. Des entreprises comme Fortinet, déjà partenaires d’INTERPOL dans des opérations d’application de la loi, se positionnent à l’intersection de la sécurité publique et de la croissance commerciale.
