Dix institutions financières européennes, notamment ABN AMRO, DekaBank, DZ BANK et Natixis CIB, ont lancé Regulated Layer One, un réseau blockchain détenue conjointement pour les marchés financiers réglementés, a indiqué le groupe dans un communiqué de presse publié mardi.
Le lancement regroupe l'un des efforts les plus anciens en Europe sur la blockchain bancaire au sein d'une infrastructure partagée et détenue par les membres, au moment où les pilotes de tokenisation à travers la région entrent en conflit avec un écheveau fragmenté de réseaux privés. RL1 est structuré comme une société coopérative européenne (SCE), domiciliée au Luxembourg, et chaque membre détient des droits égaux de décision sur la gouvernance et le développement du réseau.
Le réseau fonctionne sur une infrastructure construite par SWIAT, la fintech basée à Francfort détenue par DekaBank, LBBW, SC Ventures et Comyno, qui a transféré la propriété du réseau à la coopérative. Le système fonctionne en production depuis trois ans et a régi plus de 50 transactions d'une valeur supérieure à 700 millions d'euros, soit environ 815 millions de dollars, selon le communiqué. Henning Vollbehr, qui dirigeait SWIAT en tant que directeur général, prend la tête de la nouvelle coopérative.
« RL1 servira d'infrastructure de connexion pour le marché financier numérique européen, permettant aux institutions participantes de passer d'initiatives de tokenisation isolées à un écosystème de marché des capitaux intégré, liquide et évolutif », a déclaré Vollbehr dans le communiqué.
Un membre, un vote
La cohorte fondatrice regroupe l'Allemagne, les Pays-Bas, la France et l'Espagne : ABN AMRO, Cecabank, Chartered Investment, Crédit Mutuel Alliance Fédérale, DekaBank, DZ BANK, LBBW, Natixis CIB, SC Ventures et Seturion. NatWest, listée sur le site de RL1 comme « rejoignant prochainement », a participé à la première phase de l'initiative, et les établissements publics allemands KfW et L-Bank soutiennent le projet. La coopérative a indiqué que des négociations sont en cours avec plusieurs autres banques européennes.
Le réseau autorisé cible les processus des institutions réglementées : l'émission d'obligations numériques, les actifs du monde réel tokenisés, la mobilisation de garanties sur chaîne, les stablecoins émis par les banques, ainsi que le calcul des marges pour les repo et les dérivés. Les registres électroniques de titres supervisés par la BaFin de SWIAT passeront à RL1.
La version RL1 est présentée comme une réponse aux infrastructures que la Banque centrale européenne construit déjà, en citant les initiatives Appia et Pontes de la BCE pour régler des transactions tokenisées en monnaie de banque centrale. Un registre partagé pour les banques commerciales, soutient-on, offre à ces initiatives — ainsi qu'aux stablecoins, aux fonds de marché monétaire tokenisés et aux obligations numériques — un lieu de règlement commun au lieu d'une multitude de pilotes incompatibles.
