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Bienvenue à la partie 28 de notre série sur l’histoire réelle de la vie juive au Maroc, basée sur A Presence So Long de Nathan Weinstock. La dérive du nationalisme marocain : l’exclusivisme théologique Pourquoi le mouvement nationaliste marocain émergent est-il devenu violemment hostile envers la minorité juive autochtone du pays ? Dès ses débuts, le mouvement s’est défini non pas par une identité civique territoriale, mais à travers un cadre strictement panarabe et islamique : • Le serment de fidélité coranique : les recrues devaient prêter serment sur le Coran, excluant légalement et structurellement tous les non-musulmans de l’adhésion. • Dénonciation de l’émancipation : Les nationalistes de premier plan — notamment Abdelkhalek Torres, Haj Abdeslam Bennouna et Mekki Naciri — ont vigoureusement condamné les autorités coloniales françaises pour avoir accordé une quelconque émancipation civile ou une élévation juridique aux Juifs marocains. Le lien avec la Palestine et l’antisémitisme importé Le nationalisme marocain a établi des liens idéologiques directs avec des dirigeants palestiniens radicaux : • Le canal de Naplouse : Des jeunes activistes marocains ont étudié à l’école An-Najah à Naplouse sous la direction d’Izzat Darwaza, un proche collaborateur de Haj Amin al-Husseini, le grand mufti de Jérusalem. • Littérature conspirationniste : À travers ces réseaux, des ouvrages antisémites européens virulents — notamment Les Protocoles des Sages de Sion — ont été systématiquement introduits dans le discours politique marocain. L’adhésion à l’Axe et Radio Berlin Avec l’arrivée au pouvoir d’Adolf Hitler en 1933, la rhétorique fasciste et nazie a fortement pénétré les rangs nationalistes : • Prêche de la « trahison juive » : En 1934, le leader nationaliste éminent Allal al-Fassi a prononcé publiquement un discours aux fidèles sur la prétendue « trahison des Juifs ». • Le Maroc espagnol comme centre d’agitation nazie : À Tétouan, des nationalistes pro-Axe comme Abdelkhalek Torres ont collaboré avec Taqi al-Din al-Hilali (ancien diffuseur arabe de Radio Berlin) pour diffuser des incitations ouvertes appelant les musulmans à « se lever contre les Juifs ». Les pogroms de la fin des années 1930 : une mèche allumée Ce poison idéologique systématique a transformé chaque dispute quotidienne mineure en prétexte à la violence de foule : • Rabat (10 mai 1933) : Une bagarre dans la rue a déclenché de fausses rumeurs selon lesquelles un Juif avait tué un musulman. Des foules en émeute ont crié « Mort aux Juifs ! » et se sont immédiatement précipitées vers le Mellah pour piller les maisons. • Meknès (1937 et 1939) : En 1937, des protestations contre la diversion française de l’eau ont été instantanément déviées vers le quartier juif, pillant 43 marchands juifs. En 1939, une autre querelle mineure a déclenché des émeutes faisant 1 mort et 42 blessés. Bien avant que les conflits régionaux modernes ne s’intensifient, le nationalisme marocain a choisi l’exclusion théologique et l’alliance idéologique avec le fascisme de l’Axe — garantissant que la minorité juive autochtone resterait un bouc émissaire éternel. 📌 La partie 29 sort demain ! Suivez-nous pour ne pas manquer le prochain épisode !

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