
Les marchés américains ont été un peu magiques cette semaine : les résultats n’ont pas été aussi mauvais, mais les cours ont plongé. Intel a généré 0,52 dollar par action au troisième trimestre, contre une attente de 0,40 dollar : un gain de 30 % au-delà des prévisions. Pourtant, vendredi, son cours a chuté de 29 % en une seule journée — la plus forte baisse quotidienne enregistrée par Bloomberg depuis 1982. Le problème vient du prochain trimestre : les prévisions de chiffre d’affaires pour le quatrième trimestre sont inférieures aux attentes, et l’entreprise ne générera pas de flux de trésorerie positif cette année. L’IA a fait grimper les prix des mémoires, mais les ordinateurs ne se vendent pas ; Intel n’a pas encore profité de l’IA, et a déjà été touché. La veille, c’était au tour de Google de plonger. Ses revenus cloud ont doublé, et son chiffre d’affaires n’a dépassé les attentes que de quelques dixièmes de pourcentage — pourtant, son cours a chuté de 12,64 %, sa pire journée depuis son introduction en bourse en 2004, avec une destruction de près de 500 milliards de dollars de capitalisation boursière en une seule journée. Le marché surveille deux points : la ralentissement de la croissance des publicités de recherche et une augmentation « significative » des dépenses en capital prévues pour 2027. Les autres ne s’en sortent pas mieux. Amazon a investi 77,3 milliards de dollars en capital sur un seul trimestre, avec un flux de trésorerie libre négatif de 33,5 milliards. Moins de 12 heures après la publication de ses résultats, Microsoft a émis 25 milliards de dollars d’obligations — la première fois depuis 2017. Meta est encore plus avancé : il a déjà lancé une levée de fonds par actions pouvant atteindre 97,5 milliards de dollars. Les quatre géants dépensent près de 750 milliards de dollars en investissements cette année seulement. Vendredi, le Nasdaq a reculé de 2,9 %. Avant, on se demandait quelle était la demande pour l’IA ; aujourd’hui, on se demande : qui va payer cette facture ?