Plus de 200 législateurs d’États ont envoyé une lettre au Congrès mardi pour s’opposer à une proposition visant à empêcher les États d’appliquer leurs propres régulations sur l’intelligence artificielle pendant trois ans. La coalition, transpartisane et composée de plusieurs États, affirme qu’une préemption fédérale affaiblirait les protections existantes pour les enfants, les artistes, les créateurs et les travailleurs alors que l’empreinte sociétale de l’IA s’étend rapidement.
La lettre, signée par 203 législateurs d'État, intervient au cœur d'un débat de plus en plus tendu sur qui doit réguler l'IA aux États-Unis.
Le combat de préemption, expliqué
Voici le problème fondamental. Un projet bipartite présenté par les représentants Jay Obernolte et Lori Trahan propose une préemption de trois ans ciblant spécifiquement les lois étatiques qui régulent le développement de modèles d'IA. En anglais : si adopté, les États seraient temporairement empêchés de créer ou d'appliquer leurs propres règles concernant la construction et l'entraînement des modèles d'IA.
Ce n’est pas la première fois que les législateurs d’État tracent cette ligne. En juin 2025, une coalition plus large de 260 législateurs de tous les 50 États s’est opposée à une proposition bien plus agressive : une moratoire de 10 ans sur les lois étatiques sur l’IA. Cette proposition était tellement largement impopulaire que le Sénat l’a rejetée par un vote de 99 contre 1 en juillet 2025.
Séparément, 36 procureurs généraux d'États se sont également opposés à toute interdiction fédérale qui limiterait leur autorité d'application de la loi sur les entreprises d'IA opérant sur leur territoire.
Le cadre réglementaire plus large
Le débat sur la préemption par l’IA n’existe pas dans un vide. Des tentatives d’intégrer des dispositions de préemption ont émergé dans des textes législatifs indispensables, comme la loi d’autorisation de la défense nationale et les paquets de réconciliation budgétaire.
Le calendrier de préemption de trois ans dans le projet Obernolte-Trahan est nettement plus court que la moratoire de dix ans qui a été rejeté l'année dernière. Ce rétrécissement suggère que les partisans prennent en compte la situation et cherchent à trouver une position de compromis. Que les 203 législateurs d'État et leurs alliés considèrent trois ans comme plus acceptable que dix reste une question ouverte, et la lettre du mardi suggère fortement qu'ils ne le pensent pas.
