Le Japon vient de dévoiler l’un des plans d’investissement technologique national les plus ambitieux de l’histoire moderne. Le gouvernement cible 370 billions de yens, soit environ 2,3 billions de dollars, d’investissements combinés publics et privés d’ici l’exercice fiscal 2040 dans 17 secteurs stratégiques.
Le plan, rapporté par Nikkei, repose sur trois piliers : l'intelligence artificielle, les semi-conducteurs et le développement spatial. La Première ministre Sanae Takaichi mène cette initiative, qui devrait être détaillée dès la semaine du 23 juin 2026.
Les semi-conducteurs et l'IA sont au cœur de l'actualité
Le Japon souhaite augmenter les ventes nationales de semi-conducteurs d'environ 8 billions de yens à 40 billions de yens, soit environ 254 milliards de dollars, d'ici 2040. Cela représente une multiplication par cinq en environ 15 ans.
Sur le plan de l’intelligence artificielle, le gouvernement réserve environ 65 milliards de dollars spécifiquement aux investissements physiques en IA. L’ambition est de capter plus de 30 % de la part de marché mondiale en robotique IA d’ici 2040.
La stratégie s'appuie sur les engagements déjà pris par le Japon. Depuis 2021, le gouvernement a alloué environ 5,7 billions de yens au développement des semi-conducteurs et de l'IA.
Qui bénéficie et comment les fonds circulent
La philosophie fondamentale ici consiste à utiliser le financement public comme catalyseur pour l'investissement du secteur privé.
Rapidus Corporation est probablement le bénéficiaire le plus visible de cette approche. Le fabricant de puces a déjà reçu environ 1,7 billion de yens de subventions gouvernementales pour le développement de semi-conducteurs. D'autres grandes entreprises attendues comme bénéficiaires incluent Rohm et Kioxia, deux acteurs établis dans l'écosystème des semi-conducteurs japonais.
Le trou en forme de crypto dans la stratégie
La stratégie ne contient aucune initiative spécifique liée aux crypto-actifs ou aux actifs numériques. Le Japon a historiquement été l'un des environnements réglementaires les plus progressistes pour les actifs numériques, et son Agence des services financiers a activement élaboré des règles concernant les stablecoins et les offres de jetons. Des politiques distinctes pour les actifs numériques seraient en cours de développement, sur un calendrier parallèle à cette poussée d'investissement.
