Envoyer de l'argent à travers les frontières africaines reste encore extrêmement coûteux. Les frais s'élèvent entre 5 % et 10 % par transaction, le règlement prend plusieurs jours, et les entreprises n'ont souvent aucune visibilité sur l'emplacement exact de leurs fonds. Daya, une startup nigériane de fintech fondée en octobre 2025, vient de lever 2,4 millions de dollars pour y remédier.
La ronde pré-seed surabondée, annoncée le 24 juin, a été menée par Hivemind Capital avec la participation de Lattice, Alliance, Globelink et la Fondation Aptos. C’est un signe fort de confiance pour une entreprise âgée de seulement huit mois et déjà en croissance de plus de 40 % mois sur mois en 2026.
Plus que de simples rails de paiement
La plateforme combine le règlement en stablecoin, les points d'entrée et de sortie en monnaie fiduciaire locale, des comptes virtuels multidevises, un routage FX intelligent, des outils de conformité et des API. En anglais : les entreprises peuvent recevoir des paiements en stablecoin, les convertir en monnaie locale, gérer leur trésorerie dans plusieurs devises et rester conformes, tout depuis un seul système.
Les cofondateurs Aleph Lasebikan et Paul Joe ne construisent pas à l'aveugle. Lasebikan a précédemment travaillé chez Helicarrier, tandis que Joe apporte son expérience de Circle et Microsoft.
Le pilote du corridor Afrique-ÉAU
En juin 2026, la startup a lancé un projet pilote avec la Fondation Aptos et HashKey MENA pour créer un corridor de paiement en stablecoin reliant l'Afrique et les ÉAU. Ce corridor fonctionne sur la blockchain Aptos.
Le rôle de HashKey MENA côté ÉAU apporte une infrastructure crypto réglementée à l'équation, ce qui est essentiel pour les entreprises soucieuses de conformité qui doivent transférer des fonds entre juridictions sans provoquer de problèmes réglementaires.
Pourquoi cela importe pour les investisseurs
Avant ce tour, l'entreprise a levé 350 000 $ auprès d'Alliance DAO en 2025. Passer de ce capital initial à une pré-série de 2,4 millions de dollars surabondante en moins d'un an, tout en affichant une croissance mensuelle supérieure à 40 %, est le type de courbe de traction qui attire rapidement l'attention des séries A.
Le profil de risque est ce à quoi on s'attend pour une entreprise en phase pré-seed opérant sur des marchés émergents. Les cadres réglementaires pour les stablecoins en Afrique restent inégaux. Le Nigeria, base de Daya, a oscillé entre scepticisme envers les cryptomonnaies et une engagement prudent. Tout resserrement réglementaire pourrait compliquer les opérations.

