Lorie Logan, présidente de la Réserve fédérale de Dallas, a signalé un ralentissement notable de l'activité d'investissement dans les régions frontalières des États-Unis. Le coupable : une incertitude croissante à mesure que l'examen formel de l'accord États-Unis-Mexique-Canada approche.
L'ACEUM, qui régit environ 1,93 billion de dollars d'échanges de biens et de services nord-américains, est prévu pour son processus d'examen obligatoire commençant en juillet 2026. Des discussions préparatoires sont attendues plus tôt cette année-là.
Les communautés frontalières ressentent le gel en premier
Les observations de Logan se concentrent sur un schéma qui s’est construit depuis plusieurs mois. Les investissements étrangers directs au Mexique et au Canada ont ralenti, et les projets de rélocalisation près des frontières qui avaient été en accélération ont subi un coup d’arrêt. Les entreprises qui investissaient massivement dans des opérations de fabrication le long de la frontière américano-mexicaine attendent désormais sagement les résultats de l’examen.
L'emploi dans la fabrication dans les zones frontalières a déjà commencé à diminuer. Les nouveaux investissements en zone vierge ont ralenti à un rythme très lent.
Le bilan de l'USMCA et ce qui est en jeu
Depuis que l'USMCA a remplacé l'ALENA, le commerce intra-régional entre les États-Unis, le Mexique et le Canada a augmenté de 37 %. La prochaine révision était intégrée dès l'origine de l'accord. Lors de la négociation de l'USMCA, les trois pays ont convenu d'une révision conjointe tous les six ans, accompagnée d'une clause de péremption pouvant mettre fin à l'accord après 16 ans s'il n'est pas renouvelé. La révision de 2026 est la première de ces étapes.
En cause sont des modifications potentielles aux règles d'origine, aux structures tarifaires et aux protections des investissements. Les règles d'origine déterminent quelle proportion d'un produit doit être fabriquée en Amérique du Nord pour bénéficier d'un traitement tarifaire préférentiel.
Les enjeux sont particulièrement élevés pour le boom du nearshoring au Mexique. Ces dernières années, les entreprises cherchant à réduire leur dépendance aux chaînes d'approvisionnement asiatiques avaient investi des milliards dans les capacités de fabrication mexicaines. Cette tendance est désormais entrée dans une phase de stabilisation.
Ce que cela signifie pour les investisseurs
Les commentaires de Logan ont de l'importance car la Fed de Dallas se trouve au cœur des échanges économiques entre les États-Unis et le Mexique. Lorsque le dirigeant de cette institution signale un ralentissement des investissements à la frontière, il s'appuie sur des données économiques concrètes, issues d'enquêtes auprès des entreprises et d'indicateurs régionaux, que les banques régionales de la Réserve fédérale sont uniques à même de recueillir.
Les REIT industriels avec une exposition aux régions frontalières, les fabricants ayant des chaînes d'approvisionnement transfrontalières et les entreprises logistiques qui déplacent des marchandises entre les trois pays se trouvent tous dans la zone de potentiel impact d'un examen prolongé ou conflictuel.
Les investisseurs auraient intérêt à suivre de près les discussions préparatoires du début 2026. Le ton et le contenu de ces pourparlers préliminaires établiront probablement les attentes du marché pour l'examen formel en juillet. Le fait que les investissements se retirent déjà avant le début des discussions formelles suggère que les entreprises attribuent une probabilité significative à des changements disruptifs.
