Le consensus de Wall Street sur les baisses de taux de la Réserve fédérale se fissure, et Citigroup prend position du côté dovish.
Andrew Hollenhorst, économiste en chef de Citigroup pour les États-Unis, maintient sa prévision de trois baisses de taux de 25 points de base en septembre, octobre et décembre 2026. Cela représente un assouplissement total de 75 points de base, une prévision qui place Citi nettement à l’écart de plusieurs grands concurrents ayant révisé à la baisse leurs attentes après le rapport sur l’emploi de mai particulièrement solide.
Le rapport sur l'emploi qui a effrayé les colombes
Mai 2026 a enregistré 172 000 créations d'emplois hors agriculture, largement dépassant les attentes. Goldman Sachs figure parmi les banques qui ont ajusté leur prévision en conséquence, en se tournant vers moins de baisses ou aucune baisse pour l'année.
Hollenhorst le voit différemment. Son argument est que la force actuelle du marché du travail est temporaire, et il s'attend à ce que les conditions s'assouplissent dans les trois prochains mois.
Les prix du pétrole et la variable inflation
Hollenhorst ne s'appuie pas uniquement sur un affaiblissement du marché du travail pour justifier son avis. Il mentionne également les récentes baisses des prix du pétrole comme un facteur qui réduit le risque d'inflation, ce qui pourrait donner à la Réserve fédérale plus de marge de manœuvre pour réduire les taux.
Ce que cela signifie pour les cryptomonnaies et les actifs à risque
Un cycle de relâchement de 75 points de base commençant en septembre représenterait un changement significatif dans le paysage monétaire. Des coûts d’emprunt plus bas poussent généralement les capitaux vers des actifs plus risqués et à plus haut rendement. Le bitcoin, l’ethereum et l’écosystème plus large des actifs numériques ont historiquement bénéficié de ce type d’environnement.
La divergence entre Citi et Goldman sur cette question crée un cadre utile pour les investisseurs. Elle constitue essentiellement un indicateur de deux scénarios économiques très différents : l’un où l’économie se refroidit et la Réserve fédérale répond par un assouplissement, et l’autre où la croissance reste suffisamment résiliente pour que la Fed maintienne sa position.
Les réductions de taux ont tendance à affaiblir le dollar américain, et un dollar plus faible a historiquement constitué un soutien pour le bitcoin, que de nombreux investisseurs mondiaux considèrent comme un actif de réserve libellé en dollars. Si la prévision de Citi s'avère juste, la faiblesse du dollar durant la seconde moitié de 2026 pourrait fournir un catalyseur supplémentaire pour les prix des actifs numériques.

